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mercredi, 25 avril 2007

Election présidentielle : les raisons de l’échec programmé de Le Pen...

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Député du Front National de 1986 à 1988, j’avais décidé de quitter ce parti en 1989 pour créer le mouvement régionaliste Alsace d’Abord. Je l’ai quitté car j’étais en désaccord avec une dérive (déjà) jacobine et aussi parce que je n’acceptais pas le mode de fonctionnement de ce mouvement.

J’ai bien connu Jean-Marie Le Pen. Formidable orateur, courageux et doué souvent d’intuitions fulgurantes, doté d’un charisme exceptionnel, il sut rassembler, avec à ses côtés Jean-Pierre Stirbois, en 1984, toutes les forces nationales et identitaires. Ses défauts sont à la hauteur de ses qualités : Jugeant les hommes à l’aune de leur servilité à son égard, écartant ceux qui ont l’audace d’exprimer des désaccords, pratiquant le népotisme et le clanisme, incapable de prendre de la hauteur quand les circonstances l’exigeaient, il refusa de construire un parti structuré et rassembleur, doté d’un vrai centre de formation de cadres, organisé sur le terrain, condition sine qua non d’une implantation durable.

Je lui conserve, malgré tout, mon respect. Mais j’exprime aussi mes regrets quant au rôle historique qu’il aurait pu jouer et qu’il n’a pas su jouer. J’ai, depuis 1989, observé un devoir de réserve. Par respect pour des amis qui sont restés au FN, et aussi parce que je ne fais pas partie de ceux qui « crachent dans la soupe » et qui croient se faire pardonner par l’adversaire en insultant ceux qu’ils ont soutenu hier.

 Les cinq raisons de l’échec de Le Pen :

Je vous propose mon analyse de la chute programmée du Front National et de Le Pen.

Marine Le Pen, Louis Aliot (Secrétaire général) et un petit clan, dont Alain Soral qui se définit comme marxiste, avait pris le contrôle de la campagne présidentielle de Le Pen. Ils portent une responsabilité majeure dans cet effondrement. Certes, Sarkozy a mené une excellente campagne, certes il a su faire un hold-up sur certains thèmes du Front National que Le Pen abandonnait au même moment... Certes…

 1- L’absurde positionnement « républicain »…

Je n’évoque évidemment pas la République comme mode d’organisation institutionnelle, que peu de citoyens contestent, mais la République issue de la Révolution et qui fut responsable notamment du génocide vendéen. Lancer sa campagne présidentielle à Valmy, c’était pour le moins rendre hommage à une Révolution massacreuse qui fut à l’origine des Etats-Nations et de toutes les guerres civiles européennes qsui ensanglantèrent les XIXème et XXème siècle, entraînant des dizaines de millions de morts et l’affaiblissement peut-être définitif de l’Europe.

Rendre hommage à Clemenceau, que j’ai qualifié dans un récent article sur mon blog, de « géniteur d’Hitler », était une faute. Clemenceau, en refusant en 1916, les offres de paix de l’Autriche-Hongrie, mena au massacre plusieurs centaines de milliers d’Européens avec les conséquences désastreuses que l’on connaît. Le Pen, prenant à son compte ces symboles, tant de la gauche que de la droite dite « républicaine », il ne fallait pas s’étonner que les électeurs appliquent l’adage qu’il affectionne et préfèrent l’original à la copie.

Quitte à voter « républicain », un quart des électeurs du FN ont voté Sarkozy.

 2 - Chercher les voix chez les immigrés : une stratégie suicidaire…

L’erreur majeure de le Pen fut de tenter d’aller chercher ses voix dans les banlieues. Pas auprès des « petits blancs » qui lui ont toujours apporté massivement leurs suffrages. Non ! Il préféra s’adresser aux « jeunes » et aux personnes « issues de l’immigration » auxquelles il lança un appel sur la dalle d’Argenteuil, les qualifiant de « branche de l’arbre France ».

Quant à l’affiche avec la beurette, voilà encore un bel exemple d’erreur de communication. Croire que les jeunes issus de l’immigration se précipiteraient dans les bras de Le Pen procédait  d’une suicidaire illusion. Les électeurs du FN et les identitaires veulent une Alsace alsacienne, une France française et une Europe européenne. Ils ne veulent pas d’une Alsace turque, d’une France algérienne ni d’une Europe africaine. C’est même le fondement de leur combat et de leur engagement, le plus grand dénominateur commun de toutes les sensibilités identitaires, fussent-elles nationalistes, régionalistes, européennes, chrétiennes, royalistes, etc…

Il était suicidaire de prendre ainsi son électorat à contre-pied, et de nombreux électeurs ont préféré voter Sarkozy, interdit de séjour à Argenteuil pour cause de propos « kärchérisateurs » que Le Pen qui recueillait sans sourciller les youyous des femmes maghrébines.

A ceux qui, au bureau politique du FN réuni au lendemain du premier tour, formulaient quelques critiques quant à la stratégie menée, Farid Smahi, proche de Marine Le Pen,  rétorqua « Vous êtes des fascistes, vous êtes des racistes »… Cherchez l’erreur…

 3 - Marine, l’adversaire du régionalisme…

La troisième erreur majeure de Le Pen fut de tolérer que sa fille Marine tienne des propos insultants à l’encontre de ceux qui défendent des identités régionales. « Le bilinguisme, un danger pour l’unité de la République ! » et son secrétaire général, Louis Alliot, qui n’hésita pas à comparer le « communautarisme musulman » au « communautarisme » alsacien. Les alsaciens ont apprécié : le FN s’effondre de 10 points.

On n’insulte pas impunément une identité enracinée, d’autant que, comme je l’ai démontré dans un article paru dans la revue Synthèse Nationale « Europe, Etats, Nations, quel avenir ? » (N°3, printemps 2007) à consulter sur mon blog, il n’y a pas contradiction entre l’attachement à sa Petite Patrie, à la nation France et à l’espérance d’une Europe de la puissance.

 4 - L’insincérité de l’Union Patriotique…

La quatrième raison de cet échec réside dans le bluff que fut l’appel à l’Union Patriotique. L’idée était au demeurant excellente : rassembler toutes les forces nationales et identitaires en pratiquant le pardon des offenses, même si les offenses étaient partagées. Ce qui n’était, dans l’esprit de ses auteurs, qu’un piège destiné à Philippe de Villiers, recueillit un vrai écho.

Bruno Mégret, entre autres, y répondit favorablement. Etait-il sincère, était-il cynique et voyait-il là un moyen de revenir dans le « jeu politique », peu importe. Des associations, des responsables et des militants s’enthousiasmèrent pour une démarche qui aurait pu donner une vraie dynamique à Le Pen. Celle-ci fut torpillée par Marine Le Pen et Louis Alliot. Mégret fut une nouvelle fois humilié et interdit d’assister à la convention présidentielle de Lille.

Diviser pour mieux régner et mieux perdre…

 5 - Le FN paye des années d’incurie.

La cinquième raison de cet échec réside dans l’état lamentable du FN. Une partie des meilleurs cadres et des meilleurs militants a quitté le mouvement au fil des années, écoeurée par le népotisme, le fonctionnement non démocratique du mouvement, poussée vers la sortie à force de vexations. Le FN ressemble aujourd’hui davantage à une boutique familiale qu’à un parti organisé : une boutique où règne Marine Le Pen et un petit clan qui ne tolère pas la moindre contestation. J’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer. Il est impossible pour une femme ou un homme de qualité et de caractère, refusant la soumission, d’accepter sur la durée ce type de fonctionnement qui ressemble plus à celui d’une cour orientale qu’à celui d’un parti moderne, démocratique et conquérant.

 Ils ont tout cassé. Et bien, il nous faudra tout reconstruire. Partisans de l’idée nationale, régionalistes, militants de l’Europe de la puissance, nous devons faire front ensemble pour la victoire de nos idées et que vive notre civilisation.

Espérance et Résistance.

Robert Spieler

Président d’Alsace d’abord

00:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Tags : politique, présidentielle, droite, france, Jean-Marie Le Pen, alsace | |  Facebook

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