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dimanche, 10 juin 2007

TGV : l’Alsace, une réserve d’Indiens ?

C’est la question fort pertinente que pose Raymond Woessner, géographe, dans le Journal du Dimanche du 10 juin.

Il confirme dans cette interview les analyses et critiques d’Alsace d’Abord à l’encontre de la classe politique alsacienne et de son inertie. Il relève que les élus locaux ont mis du temps à se saisir du dossier TGV. C’est le moins qu’on puisse dire…

Dans son analyse, il note que les Alsaciens adoptent un comportement « d’hyperpatriotes » en votant aux élections pour le candidat majoritaire tout en se plaignant d’être abandonnés par Paris.

« D’un autre côté, dans des ministères ou au Parlement, on a entendu des élus alsaciens se targuer de la richesse de leur région. Alors pourquoi les aurait-elle aidés à financer la ligne ? ».

Bonne question, qu’Alsace d’Abord a à de multiples occasions posée à Adrien Zeller et aux responsables politiques alsaciens. Nous leur faisions remarquer que cette « richesse » était largement surévaluée, voire fictive.

Les politiques alsaciens se font longtemps targués que l’Alsace avait le ratio d’exportation par rapport aux importations le plus élevé de France. Ce qui constitue en effet, du moins en apparence, l’expression d’une économie florissante.

Problème : ces chiffres n’avaient aucune signification pour l’Alsace.

Pourquoi ? L’Alsace compte un grand nombre d’unités de production qui sont des filiales de sociétés allemandes. Ces usines se contentent de fabriquer et de transférer immédiatement leur production vers la maison-mère allemande, sans produire aucune valeur ajoutée.

Mais ces chiffres, importants, entrent dans les statistiques des exportations alors qu’ils sont totalement fictifs.

De même, l’Alsace a subi de nombreuses taxations dont la fameuse « taxe de solidarité inter-régionale » infligée à quelques régions dont Rhône-Alpes et la Région Ile-de -France.

Merci aux vantards politiques alsaciens à qui l’Alsace a eu droit à financer – cher - un TGV dont la ligne rapide s’arrête… en Lorraine, le TGV poursuivant sa route tranquillement sur les voies normales jusqu’à Strasbourg.

Nous risquons d’attendre longtemps la deuxième phase. Gageons que l’Alsace sera une nouvelle fois mise à contribution, comme elle l’est aujourd’hui avec les tarifs prohibitifs les plus chers de France (79 euros l’aller simple Strasbourg-Paris en tarif normal seconde classe).

Raymond Woessner relève « que des villes comme Lille ou Lyon ont su créer de vrais pôles tertiaires autour des gares. Strasbourg et Mulhouse se sont contentées de « décorer » les leurs. »

Au lieu d’investir dans le tertiaire, Strasbourg a édité des guides touristiques et a inventé un nouveau moule à Kouglof.

« L’Alsace, vendue pour ses traditions, risque de devenir une réserve d’indiens ».

Au lieu de se transformer en pôle d’attraction économique, ce que Reims devient grâce au TGV, Strasbourg risque de n’être qu’un aspirateur à touristes pressés qui y passeront 24 h., et une cible de choix pour des commerciaux aux dents longues qui viendront concurrencer les sociétés établies en Alsace.

Nous avons du souci à nous faire.

A voir la mine réjouie des Grossmann, Keller, Zeller et consorts, qui ont accueilli le Premier Ministre Fillon pour l’inauguration, on se dit qu’il est temps de balayer cette classe politique de gauche et de droite incompétente et fière de l’être.

Quand les Alsaciens se réveilleront-ils ?

Robert Spieler

13:50 Publié dans Alsace | Lien permanent | Tags : robert spieler, alsace, alsace d'abord, strasbourg, politique, france, société | |  Facebook

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