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dimanche, 14 septembre 2008

Quelle Europe ? Américaine, russe, européenne ?

images.jpgLes récents événements de Géorgie ont le mérite de poser clairement la question : quelle Europe voulons-nous ?

 

Les petites gesticulations de Sarkozy ont démontré la parfaite faiblesse d'une Europe qui singe la puissance, sans en avoir les moyens ni la volonté. Le caricaturiste de Libération a parfaitement résumé la situation en croquant Sarkozy sous les traits d'un petit écolier colérique à qui un Poutine, impérial, tourne le dos.

 

Les Russes ont quasiment annexé l'Abkhazie et l'Ossétie du sud. Et alors ? Ces régions ont la volonté d'acquérir leur autonomie et de se rapprocher de la Russie, et non d'un Etat géorgien inféodé aux Américains et aux Israéliens, et qui rève d'intégrer l'OTAN. J'avoue une grande "Schadenfreude" (mot allemand qui signifie le plaisir de voir la souffrance de l'autre) quand je vois ceux qui ont permis la partition du Kossovo et le bombardement de la Serbie, au nom du droit des peuples à disposer de leur avenir, user aujourd'hui de l'argument de l'intégrité territoriale pour refuser aux Ingouches et aux Ossètes ce qu'ils avaient imposé aux Serbes.

 

Russie, USA ?

 

L'émergence de la nouvelle puissance russe ne manque pas d'inquiéter certains pays, tels les pays baltes et la Pologne qui ont eu à subir le joug communiste. D'aucuns évoquent aussi la dépendance énergétique de l'Europe vis à vis de la Russie. On imagine cependant mal la Russie envahir la Pologne, ou les pays baltes, dès lors que ceux-ci s'ancrent résolument dans la construction d'une Europe de la puissance, notamment sur le plan militaire. Cette construction passe forcément par le retrait des Européens de l'OTAN, inféodé aux intérêts américains qui ne sont pas toujours, loin s'en faut, ceux de l'Europe. Elle passe par le refus de voir s'installer des bases de missiles américains, en Pologne notamment, destinés soit-disant à contrer la très fantaisiste perspective d'une attaque iranienne, mais dirigés en réalité contre la Russie. La Pologne avait déjà manifesté le peu de cas qu'elle faisait des intérêts européens en achetant des avions militaires américains plutôt qu'européens, quelques jours après son adhésion à l'Union européenne, se liant ainsi pour 30 ans à la technologie américaine. La Pologne veut-elle être européenne ? A elle de répondre !

 

Pour ce qui est de la dépendance énergétique, elle est une réalité. Aujourd'hui 32% du gaz européen est d'origine russe, et dans 30 ans nous en serons à 53% du fait du tarissement des réserves norvégiennes. La relation avec la Russie n'est cependant nullement déséquilibrée, celle-ci ayant un besoin vital de la technologie européenne. La dépendance de l'Europe est surtout une réalité par rapport aux Etats-Unis. Que je sache, ce ne sont pas les Russes qui ont bombardé la Serbie imposant la partition du Kosovo et créant ainsi une enclave musulmane et maffieuse en Europe. Que je sache, ce ne sont pas les Russes qui oeuvrent ouvertement pour l'intégration de la Turquie dans l'UE, dans le but de rendre impossible l'émergence de l'Europe de la puissance. Que je sache, l'impérialisme culturel et financier que subit l'Europe n'est pas davantage le fait des Russes.

 

Il est parfaitement compréhensible que les Américains défendent leurs intérêts. Il me parait parfaitement souhaitable que nous défendions les nôtres.

 

Afghanistan ?

 

Certains de mes amis, que je respecte, arguent du fait que le combat contre les islamistes se joue en Afghanistan. Je ne partage pas cet avis. Outre le fait qu'il est impossible de contrôler cet immense pays montagneux et truffé de grottes, les Anglais l'ayant constaté à leur dépens au XIXème siècle et les Soviétiques au XXème, la véritable base islamiste se trouve dans les régions tribales de l'ouest pakistanais, à la frontière afghane. Ces régions, qui constituent le "hinterland" des islamistes afghans sont incontrôlées par l'armée pakistanaise qui y a subi récemment plusieurs revers. Sauf à envisager de raser ces territoires à coup de bombes atomiques, une victoire militaire est totalement impossible. Ajoutons à cela le fait que le problème majeur que pose aujourd'hui l'Afghanistan à l'Europe n'est pas tant l'islamisme que la production de pavot. Le paradoxe est que jamais cette production n'a été aussi massive que depuis la présence occidentale dans ce pays. Les Talibans avaient, quant à eux, commencé l'éradication de la production de drogue. Cherchez l'erreur...

 

Alors, que faire ? Il y a des problèmes qui n'ont pas de solution. Et quand un problème n'a pas de solution, mieux vaut s'en retirer.

 

L'Europe que j'espère.

 

L'Europe que j'espère doit être européenne. Certains se reconnaissent dans le concept d'Occident. Je ne partage pas leur avis. Les Etats-Unis et Israël font partie de l'Occident mais leurs intérêts peuvent diverger de ceux de l'Europe. Faudra-t-il demain, au nom de la solidarité occidentale participer aux bombardements de l'Iran, ou à une guerre contre la Syrie ? Certainement pas.

 

La Russie est-elle européenne ? Non, pour des raisons historiques, culturelles et géopolitiques. Un partenariat renforcé, notamment sur le plan économique est en revanche souhaitable. La constitution d'un espace économique Europe / Russie protégé peut permettre de sortir de la logique libérale et mondialiste qui tue les emplois et les industries européennes. Pour faire simple : les Chinois n'acheteront plus d'Airbus au prétexte que leurs machines-outils (qu'ils ont copiées) seront soumises à de lourdes taxes ? Et alors ? Dès lors que le nouvel espace européen élargi achètera, devra acheter, Airbus et européen...

 

Je ne défend évidemment pas un quelconque néo-collectivisme. Je suis attaché à la liberté d'entreprendre, je rejette le matraquage fiscal, mais pour autant j'exige que cette liberté ne soit pas en contradiction avec l'intérêt et la survie de nos peuples. Ainsi, les banquiers de la Banque de l'Union Européenne ont à se soumettre à la volonté des peuples, et non à imposer la leur.

 

L'immigration est la conséquence du libéralisme, forcément égoiste et mondialiste. Dans les années 70, on est allé chercher dans les douars d'Afrique du Nord des "travailleurs" supposés être corvéables et malléables à merci. Alors que le Japon, confronté à la même problématique de production, choisissait, par refus de perdre son identité, la modernisation de son outil de production et la robotisation, le patronat français choisissait, dans un souci de profits à court terme, la pire des solutions, l'immigration, qui allait mettre en péril, avec la complicité des politiciens du système, la substance même de notre peuple. Il est tout à fait légitime qu'un chef d'entreprise recherche le profit. Il est tout aussi légitime que la société se protège des dérives, des excès et des conséquences de cette logique.

 

Pour conclure, je ne suis pas naïf au point d'imaginer que le nécessaire renversement de valeurs et la création d'une Europe de la puissance sera chose facile. Il passe forcément dans un premier temps par la création d'une Europe à deux vitesses. D'une part ceux qui veulent de l'Europe de la puissance, forcément identitaire, de l'autre, ceux qui n'en veulent pas encore, mais qui ont vocation à la rejoindre plus tard. Partout en Europe des mouvements identitaires et patriotes émergent, avec maintes difficultés face à de puissants adversaires. C'est autour de ces mouvements que l'Europe libre peut et doit se construire, certes pas dans une relation de vassalisation envers quiconque. L'Europe sera européenne ou ne sera pas.

 

Robert Spieler

 

21:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Tags : ndp, robert spieler, politique, droite, synthèse nationale, france, europe | |  Facebook

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