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dimanche, 14 juin 2009

Quel avenir pour le combat national et identitaire ? Que faire ?

Photo 093.jpgLes résultats des élections européennes, où le Front national confirme sa descente aux enfers, posent la question de l’avenir de ce mouvement et de la nécessaire construction d’une nouvelle espérance.

 

Le Front national à l’agonie.

 

Jean-Marie Le Pen

 

L’Histoire retiendra la formidable dynamique que Jean-Marie Le Pen, grâce à ses exceptionnelles qualités d’orateur et de débateur, a su insuffler au mouvement national. Courageux, tant physiquement qu’idéologiquement, Le Pen est un formidable compagnon de bordées, un remarquable chef de bande. L’Histoire retiendra aussi un immense gâchis.

 

Le Pen n’a pas, malheureusement, la carrure d’un homme d’Etat. Il n’a que rarement su prendre de la hauteur, ses capacités apparentes de rassembleur étant davantage dues à la dynamique victorieuse des années 1980 qu’à des qualités naturelles. Humiliant ses fidèles, odieux avec son entourage, comme il sait être charmeur avec ceux qu’il a consenti de séduire, ne supportant pas la moindre contradiction, pratiquant sans mesure la préférence familiale…

 

S’entourant de médiocres et suscitant, exigeant même la médiocrité de comportement, la flatterie et la soumission, jugeant les hommes à l’aune de leur servilité à son égard, il était inévitable que des personnes de qualité, à la fidélité d’airain, finissent par le quitter. Cette ambiance de cour orientale ne pouvait que finir par insupporter les moins rebelles.

 

On me rétorquera, à raison, que bien des leaders politiques, de droite ou de gauche, sont caractériels, odieux, arrogants avec leur entourage. Certes… J’ai le souvenir d’un déjeûner-débat que j’avais organisé, il y a plus de 25 ans, dans le cadre du club d’opposition Forum d’Alsace, avec Raymond Barre, ancien premier ministre. Raymond Barre humilia publiquement un brave chef d’entreprise alsacien, quelque peu hésitant dans son élocution et son accent, qui lui posait une question qu’il avait perçue, à tort, comme critique. « Vous feriez mieux d’apprendre d’abord à parler correctement le français ». Consternation chez la centaine de chefs d’entreprise présents… Daniel Hoeffel, qui fut son ministre alsacien, me confia que Raymond Barre avait les mêmes comportements en conseil des ministres et que ce fut la raison fondamentale pour laquelle il ne fut pas élu, faute de relais fidèles, à l’élection présidentielle. Mais Raymond Barre avait, lui, quels que soient ses défauts, une stature d’homme d’Etat.

 

Le Pen me fait penser à Jean Mantelet, fondateur et président de Moulinex, qui usa cinq successeurs désignés avant de mener son entreprise, qu’il dirigeait toujours à 85 ans, à disparaître. Comme Jean Mantelet, Le Pen ne peut en réalité concevoir, au plus profond de lui-même, que le FN lui survive.

 

Marine Le Pen

 

La désignation de sa fille, Marine, comme successeur signifie la fin du FN. Ayant tous les défauts de son père, à l’exception d’une certaine aisance médiatique, elle constitue un précipité d’arrogance, de haine pour ses adversaires, de mépris pour ceux qui la soutiennent, doublé d’une vacuité idéologique totale. Marine Le Pen est un redoutable adversaire du camp national et identitaire. Sarkozy l’a compris…

 

Stirbois, Mégret, Gollnisch

 

Certains exprimeront l’immense regret que Jean-Pierre Stirbois ait disparu trop tôt. Stirbois était un combattant remarquable. Mon amitié avec Roland Hélie s’est forgée au contact de Jean-Pierre Stirbois, dont Roland était très proche. Aurait-il pu empêcher la dérive monégasque de ce mouvement ? Certes, Le Pen le respectait, le craignait même. Mais Stirbois, comme Mégret, n’aurait pu empêcher l’inévitable, inscrit dans les gènes du Front national.

 

Beaucoup critiquent Mégret de les avoir mené vers une aventure incertaine. Mais avait-il le choix ? Et, après tout, rien ne les obligeait de le suivre. Ayant fait partie de l’équipe d’organisation de la campagne présidentielle de 1988, pilotée par Bruno Mégret, je puis témoigner de ses exceptionnelles capacités d’organisation et de sa vive intelligence.

 

L’élection de Bruno Gollnisch, très courageux et même audacieux dans l’expression de ses convictions, peut donner l’illusion à certains que la partie n’est pas perdue et que Bruno pourra, lors d’un prochain congrès, revendiquer avec succès la présidence du FN. Illusions… Ses amis les plus fidèles ont quitté ce parti. Il est impossible de l’emporter face au Front familial.

 

Le Front national est devenu une petite structure familiale, scotchée à des résultats allant de 4 à 6% des suffrages, suffisants pour envoyer 3 élus au parlement européen, insuffisants pour peser à toute autre élection. Le FN n’aura quasiment plus d’élus dans les conseils régionaux, obérant ainsi lourdement sa capacité à réunir les 500 signatures de maires et conseillers régionaux, nécessaires pour présenter un candidat à l’élection présidentielle. Sauf si Sarkozy décide que tel est son intérêt. Après tout, n’a-t-il pas fourni 70 signatures à Le Pen à la dernière élection présidentielle, lui permettant in extremis d’être candidat ?

 

Que faire ? 

 

Nécessité d’une révolution organisationnelle, idéologique et comportementale.

 

- Une révolution organisationnelle

 

Le camp national et identitaire doit rompre radicalement avec les vieux schémas. Le Führerprinzip, le culte du chef, doit être jeté aux poubelles de l’histoire. Nous devons construire une organisation de résistance qui fonctionne sur un mode confédéral. Avec Carl Lang et le Parti de la France, avec Annick Martin et le MNR, la Nouvelle Droite Populaire a ouvert le chemin d’une nouvelle démarche. Nous avons appris à travailler ensemble aux élections européennes, nous nous sommes retrouvés côte à côte à Cologne pour dire non à l’islamisation de l’Europe, nous développons des projets communs. Peu importe que nous ne soyons pas d’accord sur tout. Nous sommes d’accord sur l’essentiel. L’ennemi est à nos portes, l’ennemi est dans nos murs. Annick Martin a raison de prôner une construction, et non une reconstruction. Espérer amender le FN de l’intérieur ou reconstruire un FN bis serait une grave erreur et procèderait d’une totale illusion. Jean-Claude Rolinat, quant à lui, cite fort justement, pour illustrer l’organisation confédérale, l’exemple des Etats-Unis où le Wyoming, petit Etat, pèse autant que la Californie. Nous devons réunir demain tous les mouvements, groupes, clubs politiques ou culturels, militants de valeur, pour construire une nouvelle espérance, dans l’égalité et la réconciliation.

 

- Une révolution comportementale

 

Nous devons apprendre le respect pour ceux qui, dans notre famille, ne partagent pas toutes nos idées. Je me sens plus proche d’un nationaliste identitaire français que d’un européiste mondialiste. Pierre Vial, présent récemment à la messe organisée à Saint-Nicolas du Chardonnet en hommage à Sébastien Deyzieu, a montré la voie. Respect, amitié et camaraderie. Après tout, nous nous retrouverons tous demain sur les mêmes barricades.

 

- Une révolution idéologique

 

Le reproche majeur que nous pouvons faire au Front national est de ne pas avoir su ni voulu user des moyens importants dont il disposait pour forger une véritable école de cadres. La formation idéologique doit être la première étape du renouveau. Certains, dont je suis, prônent l’Europe de la puissance, seule à pouvoir permettre de peser face à l’impérialisme américain, la puissance de l’Asie et l’invasion musulmane. Discutons-en. Abordons le sujet de la nécessaire Reconquista de notre terre. Posons-nous la question : Quand l’inondation ravage votre immeuble, qui sont, quels sont les responsables ? Est-ce l’eau qui dévale les étages, celui qui a ouvert les robinets, ou celui qui a ordonné de les ouvrir, et interdit de les refermer ?

 

Abordons aussi le sujet identitaire par excellence qu’est l’écologie, que nous n’avons pas le droit de laisser aux mains de nos adversaires.

 

Organisons les Assises du Renouveau national et identitaire.

 

Je propose l’organisation d’Assises du Renouveau national et identitaire, à la rentrée, en présence de tous les mouvements, associations et militants, sans exclusive, souhaitant participer à la construction de la Résistance nationale et européenne. Désunis, nous sommes faibles, unis, nous serons forts.

 

Espérance et Résistance !

 

Robert Spieler

Délégué général de la

Nouvelle Droite Populaire

 

02:44 Publié dans Politique | Lien permanent | Tags : robert spieler, ndp, politique, alsace, nouvelle droite populaire | |  Facebook

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