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vendredi, 09 octobre 2009

Rassemblement, Résistance, Renouveau !

Couv_SN_15.jpgPar Robert Spieler

Ancien député,

Délégué général de la Nouvelle Droite Populaire

 

 

Article publié dans le n°15

de la revue Synthèse nationale (*)

 

 

Le renouveau du camp national et identitaire exige une analyse sans complaisance des causes de son affaiblissement. Sa vacuité idéologique explique maintes dérives comportementales.

 

Dieu que la guerre était jolie quand les victoires étaient aisées !

 

L’obtention de mandats électoraux ou de postes rémunérés par le Parti a donné à certains un doux sentiment d’éternité dans le confort et la certitude d’être porteurs d’un talent, qu’ils découvraient, émerveillés. Etre conseiller régional, municipal, quel bonheur ! A ceux qui disaient : « Tu dois tout au Parti, le Parti ne te doit rien » (slogan du Parti Populaire Français de Jacques Doriot), ils répliquaient (silencieusement, prudence oblige) : « Après tout, ce mandat, je l’ai obtenu grâce à ma propre valeur, j’ai tout de même collé 200 affiches et distribué 1000 tracts, et je suis très connu dans mon immeuble. Et puis, comme me l’a confié un collègue UMP, j’aurais fait beaucoup plus de voix, seul, s’il n’y avait pas eu ces dérapages de la direction du Mouvement ». La vanité est la chose la mieux partagée au monde, mais la vanité doublée d’une grande vacuité idéologique a mené plus d’un sur les chemins de la collaboration et des illusions perdues. Car réussir dans la trahison exige un grand talent dont la plupart sont dépourvus. N’est pas Edgar Faure, connu pour ses multiples voltes-faces, qui veut. Edgar Faure qui déclarait avec un extraordinaire cynisme : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ». Mais peut-on vraiment reprocher leurs dérives à des personnes qui, dépourvues de tout bouclier idéologique, étaient soumises aux tentations de la respectabilité ?

 

Le reproche majeur que l’on peut formuler à l’encontre de Le Pen et du Front National est de n’avoir pas profité de la formidable dynamique qu’il surent mettre en œuvre et des moyens importants dont ils disposaient, pour mettre en place une véritable école de formation de cadres, sur le modèle de ce que le PC sut réaliser, destinée à donner aux cadres et militants l’ossature idéologique leur permettant de résister à toutes les épreuves et tentations. Encore fallait-il une pensée idéologique claire, ce qui n’était certes pas le cas.

 

Les errements idéologiques du FN

 

Le fonds de commerce du FN fut le combat contre l’immigration, sans que les causes de celle-ci ne soient analysées et sans que les vraies responsables ne soient désignés. Quand l’inondation ravage votre appartement, quels en sont les responsables ? Est-ce l’eau qui dévale les étages, est-ce celui qui a ouvert les robinets, ou est-ce celui qui a donné l’ordre de les ouvrir et interdit de les refermer ?

 

Il est vrai que Le Pen se trouvait face à des contradictions insurmontables dues à ses convictions profondes d’homme de la IVème République, nostalgique de l’Empire colonial. Chacun se souvient de son discours à la tribune de l’Assemblée Nationale en 1958 : « Il ne faut pas dire que l’Algérie a besoin de la France, il faut dire que la France a besoin de l’Algérie. Nous avons besoin d’une jeunesse vigoureuse, etc… ». La colonisation fut une grave erreur suscitée par Jules Ferry et la gauche affairiste des années 1880, qui voyaient là, au prétexte d’apporter la civilisation aux « races inférieures » (Jules Ferry), le moyen pour quelques puissances financières de s’enrichir éhontément. La droite s’y opposa vigoureusement, arguant que les moyens considérables investis dans cette aventure manqueraient à l’entreprise de consolidation militaire de la France, en vue de la Revanche. Bismarck, quant à lui, fut un adversaire résolu de l’aventure coloniale, préférant investir dans le développement industriel et militaire de l’Allemagne.

 

Toutes les analyses contemporaines démontrent que la colonisation a coûté bien plus cher à la France qu’elle ne lui a rapporté. Elle a surtout ouvert grandes les portes de l’acceptation d’une société multiraciale et à l’invasion que nous subissons aujourd’hui. L’incohérence idéologique de Le Pen sur ce sujet allait l’amener logiquement à défendre les vertus de l’assimilation des populations non européennes au sein de la « République ». La « République », mot magique, concentré pur des valeurs de la Révolution française et de la gauche… Reprendre le vocabulaire de l’adversaire menait inexorablement à la confusion et à l’impuissance, et annonçait le discours de la dalle d’Argenteuil à l’élection présidentielle et les références à Clémenceau et Salengro aux européennes.

 

Entre l’ultra libéralisme et la confusion sur l’Europe

 

Dans les années 1990, Le Pen glorifiait l’ultra libéralisme de Reagan et Thatcher, oubliant que ce même libéralisme, forcément mondialiste, et la recherche effrénée du profit étaient responsables de l’afflux massif de populations allogènes que l’on était allé déraciner dans les douars algériens ou marocains ou dans la brousse africaine. L’influence de puissants lobbies cosmopolites et de leurs relais politiques allait ouvrir grandes les vannes de l’invasion. Le paradoxe est que ces lobbies et leurs vassaux politiques arguaient des « valeurs de la République » pour imposer leur doxa, persécuter les Français et combattre le FN dont les dirigeants se référaient aussi aux valeurs de la « République ». Cherchez l’erreur…

 

Marine Le Pen, dans la continuité de son père, allait même exprimer son respect pour l’islam, dès lors que celui-ci  serait respectueux des valeurs de la « République ». Que Marine Le Pen croie en de telles sornettes, soit. Mais Jean-Marie Le Pen ?

 

La confusion a aussi touché le camp national quant à l’idée européenne. Confondre l’Europe des nains de Bruxelles et l’espérance d’une Europe de la puissance, respectueuse de ses identités régionales et nationales, était absurde. Prétendre, comme l’a fait Marine Le Pen, que les plaques bilingues à l’entrée des villages bretons ou alsaciens constituaient une menace pour l’unité nationale, était grotesque. Ce discours daté, digne des révolutionnaires fanatiques de 1792, ce refus des réalités géopolitiques, cette vision complètement irréaliste d’une France puissante qui avait cessé d’exister depuis plus d’un siècle, étaient consternants.

 

Quand le combat ne se résumait plus qu’à quelques slogans éculés, quand ceux qui réfléchissaient et exprimaient des visions différentes étaient considérés comme des traîtres et se retrouvaient épurés, quand la servilité devenait le modèle comportemental obligé au sein du mouvement, il était temps de mettre fin à cette aventure et de construire une nouvelle espérance.

 

Cette nouvelle espérance passe par le rassemblement de toutes les forces nationales et identitaires sur des bases nouvelles, tant idéologiques que comportementales et par le refus absolu de toute collaboration avec le Système. Rassemblement, Résistance, Renouveau !

 

 

(*) A Strasbourg, Synthèse nationale est en vente au Pacha, avenue de La Marseillaise, devant la Poste centrale.

 

12:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Tags : robert spieler, ndp, synthèse nationale, politique, alsace, strasourg, 11 novembre 2009 | |  Facebook

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