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mercredi, 19 janvier 2011

Chronique de la France asservie et résistante...

2982.jpgArticle de Robert Spieler publié dans Rivarol

(n°2982 - 14 janvier 2011)

 

Stéphane Hessel a 92 ans. Ancien résistant, déporté à Buchenwald, il fut au lendemain de la guerre un des rédacteurs, aux côtés de René Cassin et Pierre Mendes-France de la Déclaration des Droits de l’Homme. Ambassadeur de France, il eut une brillante carrière diplomatique. Poète et romancier, proche de Mitterrand, puis de Rocard, après avoir soutenu De Gaulle, il avait tout pour susciter l’admiration et l’émotion générale avec la récente parution de son livre.

 

Indignez vous!

 

Indignez vous! est le titre de ce livre ou plutôt de ce libelle de 29 pages, 3 euros, paru à Indigène éditions, qui a déjà été vendu à 500.000 exemplaires. Peu cher et suffisamment rapide à lire aux yeux des bobos, pour qu’ils puissent paraître, en société, intelligents et raisonnablement rebelles. Dénoncer le racisme, la situation des sans-papiers, la pauvreté, la dérégulation du capitalisme, rejeter le nationalisme tout en s’opposant au mondialisme (certes, une contradiction), se faire l’apôtre de la non violence, être le pourfendeur des inégalités, des crimes du totalitarisme national-socialiste devrait  valoir les dithyrambes à son auteur. Se poser en dénonciateur de la société de consommation quand on s’adresse à des bobos est plus audacieux, mais comme ces derniers se croient écolos, partisans du développement durable et du bio… Du foie gras bio, du caviar bio, du champagne bio, et de la voiture bio, pour eux, ce n’est pas la société de consommation… Stéphane Hessel avait donc tout pour plaire aux intellectuels et aux médias.

 

Alors, pourquoi ces propos d’une incroyable férocité venant de deux chroniqueurs talentueux, Pierre Assouline, sur son blog littéraire du Monde, et Eric Zemmour dans sa chronique à RTL ? Eric Zemmour l’appelle Papy Hessel et le définit comme « moitié français, moitié allemand, moitié juif, moitié protestant et palestinien d’honneur, et sioniste de toujours ». D’après Zemmour, il « pousse son petit cri d’indignation, avant de faire son sort au foie gras ». Et pour conclure sa chronique, cette chute : « L’âge est un naufrage ». Si ce n’est pas du Rebatet dans Je Suis Partout, ça y ressemble… Pierre Assouline, lui, assène quelques considérations meurtrières : « On est consterné, tant le contenu manque de contenu. La démonstration est si faible et la plume si incertaine que l’appel n’a pas la puissance du pamphlet ». Et de faire sienne cette indignation du neuropsychiatre Boris Cyrulnik, parue dans Le Monde : « J’ai beaucoup de tendresse et d’admiration pour Stéphane Hessel avec qui j’ai beaucoup de concordances de vue (en général, quand ça commence ainsi, la suite n’est pas terrible…) mais je m’indigne qu’on nous demande de nous indigner parce que l’indignation est le premier temps de l’engagement aveugle ». Et Assouline de poursuivre sa démonstration. Stéphane Hessel ose faire appel aux mânes de la Résistance en écrivant : « Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes… ». Fureur d’Assouline : « Mais qui l’a délégué pour parler au nom de tous les survivants de la Résistance intérieure et de la France libre, d’autant qu’il y revient à plusieurs reprises ? ». Alors que pas un discours, pas un écrit d’un homme politique ou d’un intellectuel contemporain ne manque d’évoquer les « heures les plus sombres de l’Histoire », pourquoi cette rage, pourquoi Stéphane Hessel, bien qu’il fût de gauche, malgré sa notoriété et son considérable succès de librairie, est-il ainsi voué aux gémonies ?

 

Pourquoi tant de haine ?

 

Stéphane Hessel est partisan du mouvement « Boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël » en réplique aux comportements d’Israël à Gaza et dans les territoires occupés. Il a, de plus, osé dans son livre, ces propos : « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie ». Assouline évoque « sa colère haineuse (celle de Hessel), qui altère son flegme poétique à chaque fois que, dans un débat, il est question d’Israël ». Hessel fait le décompte des pertes de l’opération « Plomb durci » qui provoqua la mort de plus d’un millier de Gazaouis, et relève qu’elle a fait « seulement » une cinquantaine de blessés du côté israélien. Assouline s’étrangle de rage : « On y sent l’ombre d’un regret ». D’autant que Hessel aggrave son cas : « Que les juifs puissent perpétrer eux même des crimes de guerre, c’est insupportable ». Et Assouline livre dans sa conclusion cette petite dénonciation à l’attention des lecteurs de gauche et de droite qui n’auraient pas encore compris : « Vous ne trouverez pas d’indignation sur la violation des droits de l’homme en Birmanie, en Chine, en Iran, en Corée du Nord, en Lybie, en Tunisie et dans d’autres pays car l’indignation de Stéphane Hessel est à géométrie variable ». Et toc !

 

Bon, reconnaissons-le, ces querelles ne nous concernent pas. Mais qu’il est amusant de les voir s’écharper…

 

A propos du zozo de Grigny (suite)

 

On se souvient de l’affiche que Christian Le Bras, élu écolo de Grigny avait fait apposer sur les murs de sa ville. Voulant démontrer son humanisme et l’ampleur cosmique de sa tolérance, notre zozo n’avait rien trouvé de plus génial que de coller des affiches, avec sa photo bien sûr, adressant tous ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 1432-2011 aux musulmans de Grigny. Référence à l’an 1432 de l’hégire musulmane, qui nous nous fut épargnée jusqu’à présent grâce à Charles Martel. Sauf que les autorités musulmanes avaient elles même relevé que ce nouvel an n’avait aucune signification en terre d’islam et pas davantage en terre occupée. Notre zozo s’en est retrouvé tout penaud. D’autant que l’affiche suscite l’ire au sein d’Europe Ecologie-les verts, ulcérés de voir leur nom accolé à un message religieux. Le secrétaire départemental du parti tient à préciser : « Que l’on soit bien clair, Christian Le Bras n’a pas été mandaté par le parti pour délivrer un quelconque message et encore moins de ce type ».

 

Le pauvre Le Bras, qui ne paraît pas être un génie, plaide la bonne foi et la « confusion » (mentale ?). Il se dit « très surpris par l’ampleur que prend cette affaire. Il ne s’agissait au départ que d’un clin d’œil à la population musulmane très présente à Grigny ». Par « ampleur », il évoque les « menaces » et « noms d’oiseaux » qui circulent à son propos « sur divers sites d’extrême droite ». Et notre ami de rajouter plaintivement : « On m’a même traité de collabo ». Le pauvre… Oui, Rivarol, ainsi que FDesouche, Synthèse nationale, Altermedia, et d’autres medias nationalistes l’ont traité de collabo et ont contribué à le traumatiser. Il tente un dernier larmoiement : « Pour un fils de résistant comme moi (où, quand, comment ?), c’est très choquant ». Conclusion d’un article du Parisien. « Il n’a (plus) aucune ambition électorale. Les affiches, depuis, ont quant à elles été recouvertes ».

 

Commentaire de Roland Helie sur le blog Synthèse nationale, qui fut le premier à dénoncer l’affaire, grâce à Marie-Paule et Yves Darchicourt, fidèles lecteurs de Rivarol : « Cette affaire aura prouvé que la réaction rapide et unitaire de la Résistance nationale et identitaire est efficace. Grâce à l’écho national que nous avons tous donnés à cette provocation des Verts, nous nous réjouissons d’avoir semé le trouble et de leur avoir fait faire marche arrière… Partout la Résistance fera reculer la trahison ».

 

Qui est l’adversaire principal ? La Russie, l’Iran, la Corée du Nord ou les Etats-Unis ?

 

Carl Schmitt et le regretté Julien Freund le disaient. En politique, il faut savoir identifier et désigner l’adversaire principal. Au lecteur de tirer les conclusions de ce qui suit. Wikileaks a permis de lever le voile sur ce qui était déjà une certitude pour les services de renseignements français. Il y a une claire et nette entreprise de manipulation des minorités en France par les Américains. Les opérations mises en œuvre sont scrupuleusement planifiées, suivies et organisées par l’Ambassade américaine en France. Florilège (je précise qu’il s’agit de mémos secrets envoyés par l’Ambassadeur des Etats-Unis à ses autorités, à Washington, et divulgués par le site Wikileaks) : « Au regard des circonstances (…), l’Ambassade de Paris a créé une stratégie d’engagement envers les minorités qui concerne, parmi d’autres groupes, les musulmans français. Notre objectif est de mobiliser la population française à tous les niveaux afin d’amplifier les efforts de la France pour réaliser ses propres idéaux égalitaires, ce qui par la suite fera progresser les intérêts nationaux américains » (Vous avez bien lu : faire progresser les intérêts américains). Et le rapport secret de poursuivre pour le regretter: « Les médias français restent très largement blancs. Nous nous efforcerons d’informer sur les coûts liés à une sous-représentation des minorités en France. De plus, nous poursuivrons et intensifierons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer les programmes d’histoire enseignés dans les écoles français (oui, les Américains veulent contribuer à réformer nos programmes d’histoire dans nos écoles), de telle sorte qu’ils prennent en compte le rôle et le point de vue des minorités en France. Nous développerons aussi de nouveaux outils pour identifier les futurs leaders français, apprendre d’eux et les influencer. Nous encouragerons les voix modérées. En appuyant notre action sur deux sites internet très en vue tournés vers les jeunes musulmans francophones (il s’agit notamment d’oumma.com), nous soutiendrons, nous formerons et nous mobiliserons les militants (les militants, oui, c’est le terme utilisé) médiatiques et politiques qui partagent nos valeurs ». Et puis les considérations sur « ceux qui sèment la haine et la discorde »… Pour conclure, ce paragraphe : « Nous poursuivrons ce projet visant à partager les meilleures pratiques avec les jeunes leaders de tous les partis modérés, de telle sorte qu’ils disposent de la boîte à outils et de l’accompagnement nécessaire à leurs progrès ». A leurs progrès… Il faut oser… Eh bien, ils osent.

 

Lorsque je fus conseiller régional d’Alsace, plusieurs de mes collègues ou connaissances furent invités, tous frais payés par une fondation américaine, à passer deux semaines aux Etats-Unis, dans le but d’approfondir un sujet qui les intéressait. Parmi ceux- ci, la fille du président du Conseil Général qui n’était, certes pas promise à un brillant avenir politique, mais qui avait le mérite d’être la fille de son père. La stratégie d’influence américaine est en place depuis longtemps en France et en Europe. Même Dupont-Aignan y fut invité…

 

Qui est l’adversaire principal de la France et de l’Europe? La Russie, l’Iran, la Corée du Nord, ou les Etats-Unis ?

 

Posons-nous la question.

 

Napoléon et Hitler

 

Une exposition consacrée à « Napoléon et l’Europe » se tient actuellement à Bonn, en Allemagne. Sous titrée Traum und Trauma , le « rêve et la blessure », elle propose, comme l’écrit Le Monde, « une approche de Napoléon beaucoup plus ambivalente que celle de ses thuriféraires ou de ses détracteurs ». Une approche donc tout à fait passionnante d’autant que Napoléon fascina l’Allemagne, que Goethe et Beethoven l’adulèrent avant de l’exécrer…Une autre exposition fait beaucoup parler d’elle, intitulée  Hitler und die Deutschen (Hitler et les Allemands), qui se tient au cœur de Berlin, Unter den Linden, au musée historique allemand. 100.000 visiteurs le premier mois, alors que l’on en attendait 30.000. Il s’agit de la première grande exposition consacrée à Hitler organisée en Allemagne. Elle entend répondre à la question : Comment, pourquoi Hitler et le national-socialisme ont-ils, jusqu’à la fin, rencontré l’appui du peuple allemand ? Les photos, les objets, les affiches de propagande exposés montrent comment s’est formée et maintenue, malgré les terribles épreuves, cette « Volksgemeinschaft », cette communauté du Peuple, agrégée autour de son Führer. Cette exposition entend aussi mettre en lumière la part de culpabilité des Allemands quant aux dérives et aux outrances du régime. Traum ou Trauma ? Rêve ou traumatisme ? Le philosophe Heidegger, ami de Hannah Arendt, juive et auteur du livre Les origines du totalitarisme, reconnaissait au national-socialisme une part de « vérité » et de « grandeur ». Etonnante et épouvantable époque… Quel lien entre Napoléon et Hitler ? Le célèbre chef d’orchestre Furtwängler dirigeait pendant la guerre, sous la croix gammée, les concerts organisés par le parti, dans les usines. Avant d’entamer la troisième symphonie de Beethoven, dédiée à Bonaparte, il disait à ses musiciens : « C’est une symphonie héroïque, héroïque, pas dramatique ».

 

Commentaire de mon ami, le Général Alain V. « Peut-être l’Histoire se trouve-t-elle entre l’héroïque et le dramatique, et peut-être l’Allemagne retrouve-telle lentement le chemin de son histoire ». Et il poursuit : « Par elle, elle fera sans doute sa véritable unité ». Et Alain.V. de noter que la Cour Constitutionnelle allemande affirme déjà, elle, la souveraineté allemande face aux empiètements de l’Union européenne… Et la France ?

 

Le prochain numéro de Rivarol sortira vendredi.

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13:28 Publié dans Chronique de la France asservie et résistante, Politique | Lien permanent | |  Facebook

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