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mercredi, 09 février 2011

Chronique de la France asservie et résistante...

2985.jpgArticle de Robert Spieler publié dans

Rivarol (n°2985 du 4 février 2011) :

 

Suite au pèlerinage de l’« extrême droite européenne » en Israël : Les Autrichiens dénoncent la manipulation.

 

Heinz Christian Strache, président du Fpoe autrichien (qui fut dirigé par Haider), est, si l’on en croit les sondages, le futur chancelier d’Autriche. Il fut, aux côtés d’Andreas Mölzer, député européen autrichien, et du Vlaams Belang flamand du voyage de l’extrême droite européenne en Israël. J’ai eu l’opportunité, dans un récent numéro de Rivarol, d’analyser leurs motivations, et d’exprimer, disons (pour le formuler de façon modérée) ma vive surprise quant à leur démarche, connaissant bien les protagonistes de cette affaire. J’avais été très étonné de voir Strache et Mölzer se prêter à ce qui apparaissait d’évidence, comme une manipulation. Tous leurs faits et gestes, et notamment quand les circonstances exigeaient qu’ils mettent une kippa, étaient épiés, filmés, leurs propos transmis quasiment en direct sur le site allemand PI (Politically Incorrect). On sentait dans certaines de leurs réactions pour le moins de l’agacement devant cette inquisition et cette surveillance permanentes… Geert Wilders, le très islamophobe et israélophile leader peroxydé et homosexuel hollandais était aussi, au même moment, en pèlerinage en Israël. Pas cependant en compagnie de nos amis européens. Par contre Stadtkewitz, député du parti allemand CDU (il vient d’en être exclu), ultra islamophobe, pro sioniste, les accompagnait. Ce dernier quittait la salle, m’a-t-on dit, à chaque fois que Filip Dewinter, leader du Vlaams Belang, prenait la parole. Comme quoi, il ne suffit pas d’aller en Israël pour être pardonné de ses turpitudes passées.

 

Dans une interview à l’hebdomadaire Zur Zeit, H.C. Strache l’exprime crûment : « Wilders ne saurait être un partenaire pour nous ». Et de dénoncer ses affidés allemands, dont Stadtkewitz et le site ultra américanophile et israélophile PI, qui fut du voyage, sans y être officiellement  invité, mais qui filma et enregistra tant et plus… « Ils ont tout enregistré et filmé de ce qui allait dans leur sens », déclare-t-il.

 

Strache poursuit : « Je considère Wilders comme un feu de paille, qui s’éteindra bientôt. Je ne peux envisager une collaboration avec lui, eu égard à ses prises de position. Quelqu’un qui affirme que l’on doit rejeter les Arabes au-delà du Jourdain ne peut être un partenaire pour nous ». Et d’affirmer qu’il restera fidèle à la tradition de neutralité de l’Autriche. L’énervement de Strache s’explique aussi, et peut-être surtout, par la tentative des lobbys de susciter une rupture entre lui et son vieux camarade de combat, Andreas Mölzer, directeur du remarquable hebdomadaire Zur Zeit, député européen, et combattant nationaliste européen exemplaire.

 

Et HC Strache de conclure : « Ces messieurs se sont démasqués comme des lobbyistes israéliens, sans aucune forme de critique, sans aucune forme d’équité et de justice, avec une vision totalement unilatérale ». Fermez le ban…

 

L’intellectualisme est un naufrage

 

Alain de Benoist faillit être un intellectuel reconnu et célébré. Le pape de la nouvelle droite et du GRECE eut son heure de gloire dans les années 1970. La parution de son livre Vu de droite, et des revues Eléments et Nouvelle Ecole suscitèrent un énorme intérêt auprès des médias et du « peuple intellectuel de droite ». Louis Pauwels ouvrit ses pages du Figaro Magazine à de Benoist et ses amis. Idem Raymond Bourgine dans le Spectacle du Monde et Valeurs Actuelles. Les thèmes abordés par de Benoist étaient des plus audacieux : l’inégalité des races, le paganisme (une critique virulente du christianisme, présenté comme le disait Renan, comme une secte juive qui avait réussi),  le nécessaire projet de sauvegarde de la substance ethnique et raciale des peuples européens, la redécouverte de  Heidegger, Konrad Lorentz et Carl Schmitt, accompagnés d’une iconographie fort belle, mais rappelant à certains les « heures les plus sombres de l’Histoire ». La réaction ne tarda pas : une violente campagne fut lancée par le Nouvel Observateur, sur le thème : Nouvelle Droite, nouveaux nazis. Les milices juives attaquèrent le colloque du GRECE, organisé Porte Maillot, en 1979. De Benoist, qu’aucune provocation et aucun paradoxe n’effrayait, et doté d’une incommensurable capacité à prendre ses adversaires pour des imbéciles et aussi certains de ses amis pour des crétins, livra un article peu ou prou prosoviétique (nous étions encore en pleine guerre froide) dans Spectacle du Monde. La réaction ne tarda pas : viré. Lui et ses amis furent éjectés, de même, du Figaro Magazine, sous la pression notamment du groupe Bleustein-Blanchet qui menaçait Hersant de lui fermer la manne publicitaire.

 

Aujourd’hui, de Benoist, nostalgique et sans doute furieux de ce qu’il aurait pu être mais qu’il ne sera pas, n’en finit pas de courir après la recherche d’une respectabilité intellectuelle qui l’amène à divers reniements. Evoquant les « scories droitières » des années 1970, il rompt  avec le « premier moment » de la Nouvelle Droite, laissant son féal, Michel Marmin dénoncer « une arrogance nietzschéo-darwinienne qui tenait sans doute beaucoup à la jeunesse de ses principaux acteurs ». Et ce dernier de préciser, à l’instar de ce dit aujourd’hui de Benoist : « L’immigration et l’islamisation n’y sont pour rien (dans la décadence de la France). Je dois préciser que certains identitaires, ou prétendus tels, me font carrément horreur quand leur défense de l’identité nationale est en réalité le prétexte à l’expression, plus ou moins masquée, du racisme le plus répugnant et à la xénophobie la plus bête, ces vieux démons de l’extrême-droite ». Et de Benoist d’insister : « Ma sympathie pour la cause identitaire s’arrête là où elle débouche sur la xénophobie et l’appel implicite à la guerre civile. Certains (les imbéciles, c'est-à-dire nous…) croient que s’il n’y avait pas d’immigrés en France, nous retrouverions tout naturellement notre identité ». De Benoist, courageusement, s’implique : « Pour ma part… je préférerais habiter près d’une mosquée plutôt que d’un centre commercial, ou avoir pour voisin un universitaire musulman plutôt qu’un skinhead ». Et notre intellectuel de poursuivre : « Soit l’on cherche le vivre ensemble (vous reconnaissez ce charabia ?), aussi bien que cela est possible, soit l’on pousse à la guerre civile ». Me Eric Delcroix lui pose excellemment la question, dans un récent numéro de Terre et Peuple, la revue dirigée par Pierre Vial : « J’aimerais qu’Alain de Benoist nous dise s’il préférerait comme voisin un intellectuel d’  « extrême droite » ou un beur de la « caillera ». « Préfèrerait-il le voisinage de Bernard-Henri Lévy ou celui du professeur Faurisson ? » Bon, arrêtons nous là… Enfin, pas tout à fait… Car de Benoist se pique aujourd’hui de donner son avis d’intellectuel sur la récente élection de Marine Le Pen à la présidence du Front national. Un grand numéro sur Radio Courtoisie, où, considérable honneur, il fut en ligne directe avec Marine Le Pen, avec qui il sut établir un dialogue profond, plein d’humanisme. Il tint tout d’abord à la « féliciter pour son succès spectaculaire », précisant que c’était elle « la plus capable de diriger le parti ». Et rajoutant douloureusement : « Je tiens à dire à Marine Le Pen à quel point j’ai eu le cœur soulevé par certaines critiques ». Et hop ! la toute petite ignominie, la microscopique dénonciation, qui fait tant de bien aux oreilles complaisantes : « Je pense à tous les Jérôme Bourbon de la terre ». Marine Le Pen minaude : « Mais c’est la politique… ». Ce n’est pas fini. De Benoist, qui préfère fréquenter l’ambassadeur d’Iran et Marine Le Pen plutôt que Jérôme Bourbon et les militants nationalistes, se mue en Torquemada, dénonçant « la brutalité abjecte qui renvoie à leur bassesse ceux qui ont exprimé ces critiques ». Et il conclut son grand numéro de charme à l’égard de Marine Le Pen par cette puissante pensée : « Les gens qui se comportent de façon dégueulasse se montrent sous leur vrai jour ».

 

Et ceux qui se couchent devant le Système, sous quel vrai jour se montrent-ils ? Décidément, l’intellectualisme est un naufrage…

 

Bernard-Henri Lévy, encore lui…

 

On se souvient de la récente annulation de la conférence de Stephane Hessel, auteur du livre Indignez-vous !, qui devait se dérouler à l’Ecole normale supérieure en présence de diverses personnalités, dont Elizabeth Guigou, ex Garde des Sceaux. Le thème de la conférence était la solidarité avec les militants de la campagne de boycott des produits israéliens fabriqués dans les territoires occupés, poursuivis en justice. Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) avait clamé haut et fort que c’est grâce à l’énergique intervention de l’officine que la directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, avait décidé d’annuler la conférence. Mais, au détour d’une phrase, il remercie aussi de leurs interventions deux grands défenseurs de la liberté d’expression au Kossovo, en Afghanistan et en Iran, Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut. Gêne de BHL, pris la main dans le sac de ce qui ressemble à s’y méprendre à une atteinte à la liberté d’expression. Il tente une échappatoire. Pas au courant vraiment, enfin pas tout à fait, il était aux Etats-Unis pour la promotion de son nouveau livre, Ennemis publics, coécrit avec Michel Houellebecq . Personne ne le croit évidemment… Mais, toujours très content de lui, il laisse dire sur son site que la tournée aux USA a été « un triomphe », évoquant deux critiques « moins favorables, mais importantes ». Citons pour nous en amuser, celle du New York Times : « (à propos de la façon dont BHL revendique ses ‘engagements’, tels Daniel Pearl, Ayaan Hirsi Ali, Sarajevo, etc…), « C’est ce que les Allemands appellent un Hochstappler, quelque chose qui se situe entre le vantard et l’imposteur, une célèbre figure comique dans la littérature européenne… »

 

Mais BHL ne se laisse pas démonter pour autant. Il a des choses à dire sur ce qui se passe en Tunisie. Et il les dit… On apprend ainsi sous sa plume que « les principes démocratiques sont des principes universels » (enfin… sauf en France et en Corée du Nord), et qu’il s’agit d’une « insurrection arabe », citant, dans une prophétie de dimension quasi universelle, d’autres pays « arabes », tels la Lybie, la Syrie et l’Iran où la révolte populaire ne manquera pas, prochainement, de balayer les tyrans. Certes, les Iraniens ne sont pas des arabes, mais des Perses, mais ceci n’est qu’un détail…

 

Ca manquait en effet : un manuel d’histoire franco-africaine

 

L’ancienne maire de Strasbourg et sénateur UMP, Fabienne Keller, a proposé jeudi 27 janvier, lors d’une table ronde au Sénat, la création du premier ouvrage scolaire franco-africain. « Je fais un rêve, déclare-t-elle, qu’un livre d’histoire puisse être écrit entre les pays d’Afrique, et du Maghreb en particulier, et la France ». Selon cette grande rêveuse, « il est important de mettre l’accent en banlieue sur le ‘travail de mémoire’ et la ‘relation à la double culture’, et encourager bien entendu le ‘vivre ensemble’, constatant que « beaucoup de jeunes n’arrivent pas à acquérir la culture du pays où ils sont nés, la France, parce qu’on leur nie leur histoire personnelle ». Pauvres chéris…

 

Mais Fabienne Keller a trouvé la solution : un manuel d’histoire qui ferait la part belle à l’histoire commune de la France et de l’Afrique, écrit par des historiens des deux rives de la Méditerranée. Les sujets abordés : « l’époque coloniale (on devine déjà le contenu), les héroïques tirailleurs (les femmes allemandes, victimes de viols massifs, pourront témoigner…), la guerre d’Algérie (gageons qu’on n’évoquera ni le sort des harkis ni celui des Français massacrés à Oran), la décolonisation (tiens, elle n’évoque pas l’esclavage, un oubli sans doute), les vagues d’immigration (une chance pour la France, bien entendu)… Le lecteur de Rivarol comprendra sans doute les raisons qui m’avaient amené à tout faire pour que Fabienne Keller soit battue aux élections municipales de Strasbourg… Ce qu’elle fut.

 

Tous, cependant, ne se couchent pas…

 

Le député-maire UMP de Pontoise, Philippe Houillon en a assez, et il l’écrit crûment aux familles des enfants inscrits à la cantine scolaire : « Fin 2010, des parents d’élèves ont eu des attitudes et des propos inadmissibles. Au nom de convictions familiales relevant de la seule vie privée et portant sur des interdits ou des obligations alimentaires divers, ces personnes indélicates ont insulté et menacé certains de nos agents. (…) Aucune consigne ou prescription alimentaire n’est recevable. Les parents qui choisissent d’inscrire leur enfant à la cantine le font en connaissance de cause. Ils en acceptent donc toutes les règles, et notamment la composition des menus. Si la nature des aliments ou la façon de les servir ne conviennent pas à une famille, celle-ci n’est pas tenue d’y inscrire son enfant (…) ». Hé bien, voila qui est bien envoyé ! Mais, monsieur le Maire, n’avez-vous pas un tout petit peu le sentiment que vos amis de l’UMP portent une lourde responsabilité dans la situation que vous vivez ?

 

 

Le prochain numéro de Rivarol sortira vendredi prochain. Il sera aussi en vente samedi à la réunion parisienne de Synthèse nationale. 

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19:25 Publié dans Chronique de la France asservie et résistante | Lien permanent | |  Facebook

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