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samedi, 04 avril 2015

Carl Gustav Emil Mannerheim, le sauveur de la Finlande

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Robert Spieler

Article paru dans Rivarol du 12 mars 2015

Le nouveau, et remarquable livre de Jean-Claude Rolinat, paru aux Editions Synthèse nationale évoque le maréchal Mannerheim, ce grand nationaliste qui sauva la Finlande de la mainmise soviétique. On découvrira dans cet ouvrage passionnant  des textes d’Alfred Fabre-Luce, d’Henri Bordeaux et de François Duprat.

Mannerheim naît le 4 juin 1867 à Askainen dans une famille aristocratique finlandaise. A cette époque la Finlande fait partie de l’Empire russe. Il séjourne de 1882 à 1886 à l’école des cadres de Hamina dont il sera renvoyé du fait de son entêtement et de son indiscipline. C’est à partir de cet épisode que la mutation s’opère. L’adolescent turbulent, parfois violent, devient progressivement un jeune homme du monde au comportement sociable et distingué. Il entre à l’Ecole de cavalerie Nicolas de Saint-Pétersbourg dont il ressortira diplômé en 1889 : les chevaux occuperont toujours une place importante dans sa vie. Sa vocation militaire, qui est profonde, l’amènera, comme nous le verrons plus loin, à se réaliser d’abord dans l’armée russe (de 1887 à 1917) puis dans l’armée finlandaise de 1918 à 1951. Sa première expérience de la guerre se situe en Mandchourie où l’armée russe affronte le Japon, puissance montante en Asie, qui vient de lui infliger une terrible défaite maritime, l’escadre navale russe ayant été envoyée par le fond les 27 et 28 mai 1905, dans le détroit de Tsuchima. Il s’agissait de la première grande défaite du monde blanc, face au monde jaune…Lors de la bataille de Moudken, en Mandchourie, Mannerheim  fait preuve d’un grand courage qui lui vaut d’être promu colonel. En 1907, il entame une mission scientifique d’exploration en Asie centrale et en Chine, le long de la célèbre Route de la soie. A l’été 1908, il rencontre le chef spirituel des Tibétains, le Dalaï-Lama. L’expédition a certes des objectifs de recherche ethnologique et archéologique, mais elle sert aussi de couverture à l’officier russe pour une mission de renseignement. Sa mission secrète était de collecter des renseignements militaires sur les garnisons de l’ouest et du nord de la Chine, sur les réformes entreprises dans l’armée chinoise ainsi que sur les itinéraires de marche praticables de la Russie en direction de Lanzhou et de Pékin. Reçu, à son retour, en audience par l’Empereur, il fut nommé commandant du régiment des Uhlans de la garde personnelle de Nicolas II, basée à Varsovie, et ne tarda pas à recevoir le titre prestigieuxde « général de la suite impériale ».

La  «  guerre d’indépendance »

Au début de 1914, Mannerheim prit le commandement de la brigade de cavalerie de Varsovie. La guerre allait embraser l’Europe. La capitale polonaise tomba aux mains des troupes du Kaiser et fut occupée par les Prussiens. Le courage qu’il montre au combat sur le front roumain, contre les forces austro-hongroises, lui vaut d’être décoré en décembre 1914 de la croix de Saint-Georges. Cependant le nouveau gouvernement russe le tient pour un fieffé réactionnaire. Le voici relevé de ses fonctions de lieutenant-général et placé dans l’armée de réserve. Il commence à penser à sa retraite militaire et envisage de rentrer en Finlande. Le 6 décembre 1917, la Diète finlandaise proclamait l’indépendance du Grand-Duché. Période difficile. Les gardes rouges armés  narguent le gouvernement et préparent un soulèvement avec le soutien des soviets. Le gouvernement a besoin d’une force armée. L’homme de la situation était d’évidence le général baron Carl Gustav Mannerheim qui accepta le poste de commandant en chef. Il envoya depuis Helsinki au chef d’état-major russe, sa démission de l’armée russe en arguant sa qualité de citoyen finlandais et son adhésion à l’indépendance de la Finlande. Mais les Bolcheviks entendaient étendre leur révolution au monde entier, et notamment à la petite Finlande, déclarant la guerre aux forces « contre-révolutionnaires » du gouvernement de la Finlande. La guerre civile débuta le 28 janvier 1918 et se clôtura, du moins provisoirement, en mai de la même année. Le pouvoir se regroupa sur la côte occidentale, tandis que le Conseil des Commissaires du Peuple, fondé par les Bolcheviks, s’installait à Helsinki. Le général Mannerheim avait une mission : sauver la Finlande ! Il battit le rappel des anciens officiers d’origine finlandaise de l’armée russe. Il demanda au voisin suédois de faciliter l’envoi de volontaires. C’est grâce à la détermination du général que les troupes bolcheviqueset les insurgés socialistes présents sur le territoire furent vaincus et désarmés, les armes récupérées servant à équiper les nouvelles troupes gouvernementales. Le renfort d’un corps expéditionnaire allemand, ce que Mannerheim avait refusé dans un premier temps, par crainte d’une mainmise allemande sur son pays, contribua cependant  au rapide dénouement de cette guerre que l’on nomma « la guerre d’Indépendance ». Malgré ce soutien important, la Finlande resta formellement neutre envers les parties belligérantes du conflit mondial.

Mannerheim,  « roi de Finlande »

Sa victoire sur les communistes et la garantie, certes provisoire, de l’indépendance de la Finlande lui valurent une grande popularité. A telle enseigne que certains envisagèrent de le désigner roi de Finlande ! N’étant pas véritablement sensible aux honneurs mais ne voulant pas décevoir son peuple, il acceptera le 12 décembre 1918 le titre de Régent, fonction qu’il occupa jusqu’au 26 juillet 1919. Certains ne manquèrent cependant pas de le soupçonner de vouloir conforter les aspirations royalistes d’une partie de la population, voire de nourrir pour lui-même des ambitions par le biais d’un coup de force. Le nouveau président de la République, Pehr Evind Svinhufvud, connaissant la valeur du personnage, le nomma au poste de président du Conseil de Défense, fonction qu’il exerça jusqu’en 1939. Il développa l’industrie des armements de la Finlande, et se consacra à la coopération avec la Suède, notamment dans le domaine de la production d’armes. Il se rendit souvent en Allemagne, dans l’objectif d’y acheter des armes. Une obsession, mais Mannerheim connaissait le terrible danger potentiel que l’Union soviétique faisait peser sur la petite Finlande (moins de quatre millions d’habitants), mais aussi le poids écrasant de l’Allemagne. Son credo, d’une totale lucidité : « Il faudrait que la Finlande ne se querelle avec aucune puissance »

La « Guerre d’hiver »

Lors de la seconde Guerre mondiale, Mannerheim se rangea dans un premier temps du côté des puissances occidentales contre les « perturbateurs de la paix ». Le pacte germano-soviétique l’inquiète évidemment lourdement. Le 13 septembre 1939, l’URSS proclame solennellement qu’elle restera neutre vis-à-vis d’Helsinki. Mais quatre jours plus tard, elle exige la cession d’une partie du littoral arctique finlandais, l’installation d’une base navale dans la presqu’île de Hango, la rectification des frontières en Carélie et autour de Petsamo. Les soviétiques, qui ne reculent devant rien, revendiquent près de 3000 km2 de la région la plus riche en échange de 6000 km2 de landes et d’étangs ! Un négociateur finlandais est désigné. Mais les Soviets refusent de négocier avec le gouvernement « usurpateur » de Helsinki, ni avec le maréchal « réactionnaire » Mannerheim. Moscou invente un pseudo gouvernement  communiste finlandais, qui s’installe à quelques encablures de la frontière et qui demande sans délai à Moscou de « libérer » la Finlande ! Et puis le 30 novembre, les troupes soviétiques entrent en Finlande au prétexte (parfaitement inventé) que sept obus finlandais auraient tué trois militaires russes. Ce qu’on appellera la « Guerre d’hiver » vient de débuter.  La Finlande en appelle à la Société des Nations qui en exclut l’URSS, ce dont les Bolcheviks se contrefichent éperdument. L’issue semble ne faire aucun doute, tant les forces sont disproportionnées. Deux circonstances vont cependant favoriser les Finlandais. Les immenses forêts se prêtent aux embuscades sur les rares routes qui les traversent. Les températures de 30 ou 40 degrés au-dessous de zéro affectent davantage les Soviétiques, moins bien équipés. Les Finlandais ne possédaient aucunes armes antichars. Ils vont découvrir l’efficacité des cocktails Molotov. Des divisions entières de soldats russes furent anéanties, grâce notamment à des patrouilleurs finlandais très mobiles, vêtus de chaudes combinaisons d’une couleur se fondant avec le paysage, montés sur des skis (les Russes ne disposaient pas de telles unités), et jaillissant de nulle part. Ils étaient parfois accompagnés de rennes qui tractaient l’armement ! A propos de la forêt finlandaise, le maréchal Mannerheim a dit qu’elle était « la merveilleuse alliée des guerriers finlandais et n’éveillait chez les Russes que de la frayeur. C’est là que rôdait ‘la mort blanche’, le partisan finlandais dans sa tenue d’hiver ». Une histoire peu connue, que raconte le livre : A la fin de l’année 1939, un corps de volontaires étrangers, dont des Français s’était constitué pour venir se battre auprès de Finlandais. Parmi eux, l’admirable Jean Fontenoy, journaliste et écrivain fasciste, qui combattit dans la division Charlemagne et qui se suicida le 28 avril 1945 à Berlin. L’académicien (contemporain) Dominique Fernandez (le fils de Ramon Fernandez, qui fut membre du PPF de Jacques Doriot)  a pu écrire que le « baroudeur » Fontenoy  «  avoisine Malraux par le talent et le distance par le panache »Mais chacun savait que la guerre entre l’URSS et la Finlande déboucherait inévitablement sur une victoire de la première. Les vagues inépuisables de soldats soviétiques finirent par submerger les lignes de défense. Face au désastre annoncé, la Finlande accepta l’invitation de l’URSS à discuter des conditions d’un armistice. Les conditions en furent des plus dures. Mais une revanche, certes qui ne durera pas, ne va pas tarder à se présenter.

 La « Guerre de continuation »

L’invasion de la Russie par le Reich (l’opération Barbarossa) allait rebattre les cartes. Les autorités allemandes préviennent les responsables finnois dès janvier 1941 d’une possible guerre allemande contre Staline, demandant secrètement à Helsinki, d’autoriser le transit par leur pays des forces cantonnées au nord de la Norvège, et offrant des armes en contrepartie. Le gouvernement finnois accepte. Durant la guerre qui sera  nommée « Guerre de continuation », la Finlande est certes engagée aux côtés de l’Allemagne, sans pour autant toutefois conclure de traité avec les forces de l’Axe. Mannerheim refuse d’engager les troupes finnoises dans le siège de Leningrad, ce qui ne fait guère plaisir aux Allemands. Son seul objectif est de récupérer les territoires finnois conquis par les Russes.  Hitler  se rendra en Finlande le 4 juin 1942 (date de l’anniversaire de Mannerheim) pour une visite que celui-ci tiendra à garder discrète. Un détail amusant : Hitler qui était beaucoup plus petit que Mannerheim (qui mesurait 1m90), portait des talonnettes ! En novembre 1942, le front soviéto-finlandais était stabilisé. Tous les territoires perdus en 1939/1940 avaient été récupérés. L’alliance entre la Finlande et l’Allemagne ne plut pas aux Anglais qui rompirent leurs relations diplomatiques avec le petit pays et lui déclarèrent la guerre ! Mannerheim était cependant convaincu qu’Hitler perdrait inéluctablement la guerre. La défaite de Stalingrad en était l’illustration. De discrets contacts furent pris avec les Soviétiques. Mais leurs exigences étaient si dures que les Finlandais n’eurent d’autre choix que de poursuivre la guerre. Mais ils étaient à bout de force. Le maréchal Mannerheim avait fréquemment rappelé aux Allemands qu’au cas où leurs troupes se retireraient d’Estonie, la Finlande n’aurait pas d’autre choix que de conclure une paix séparée avec les Russes, même si les termes de l’accord s’avéraient très défavorables pour leurs intérêts. Une Estonie occupée donnait à l’ennemi une base de départ pour un assaut par mer et par air et aurait interdit tout accès à la mer pour la Finlande. Le président HeikkiRyti démissionna le 4 août 1944 et Mannerheim fut exceptionnellement désigné président de la République par le Parlement (impossible évidement d’organiser des élections en pleine guerre), poste qu’il quitta le 8 mars 1946.

La « Guerre de Laponie »

Au printemps 1944, Staline avait décidé d’écraser la Finlande par une grande offensive terrestre dans l’isthme de Carélie.C’était la fin. Mannerheim savait que l’ennemi envisagerait l’occupation totale du pays si la résistance perdurait, et accepta un cessez-le-feu qui mettait un terme, le 4 septembre 1944, aux opérations sur tous les fronts. L’armistice fut signé à Moscou le 19 septembre. Les conditions en étaient très dures. L’armée devait être démobilisée et la Finlande expulser au plus vite toutes les troupes allemandes présentes sur son sol. Bien entendu l’armée du Reich refusa de se plier à cette exigence et les Finlandais n’eurent d’autre choix que de retourner leurs armes contre leurs anciens alliés.On l’appela la « Guerre de Laponie ». Les dernières troupes allemandes furent expulsées en avril 1945. Jean-Claude Rolinat pose la question : ‘Comment un grand soldat comme Mannerheim, patriote, nationaliste, ennemi de classe des bolcheviques, a-t-il engagé des conversations avec son ennemi juré ? Il répond : Parce que c’est la marque des grands hommes d’Etat de prendre en compte les réalités de l’heure et de sauver ce qui peut être sauvé plutôt que de poursuivre des chimères, à savoir une ultime, sanglante et inutile résistance. L’exemple du maréchal Pétain vient bien sûr à l’esprit.

Mannerheim se retire

Le maréchal allait quitter la présidence en mars 1946.Sans doute ces dix-neuf mois ne furent pas les meilleurs moments de sa vie. Il restait un goût amer de défaite, malgré les énormes sacrifices humains  consentis. Et puis, la Finlande perdait définitivement la Carélie, cette Alsace-Lorraine septentrionale. Mannerheim, qui avait des problèmes de santé s’installa en Suisse, à proximité de Montreux, sur les bords du lac Léman et passa beaucoup de temps à l’hôpital de Valmont, où il était soigné. Le maréchal s’éteignit à Lausanne, le 28 janvier 1951. Les funérailles furent organisées à Helsinki le 4 février1951. 11 000 scouts et de nombreuses troupes en armes escortaient le cortège. Sur son tombeau est gravée la devise des Mannerheim : « Pro causa candida enso candida » (Pour une cause pure avec une épée pure). Tout comme Salazar le fut pour le Portugal, Carl Gustaf Emil Mannerheim fut désigné le 5 décembre 2004, par les téléspectateurs de son pays, comme « la plus grande personnalité finlandaise de tous les temps ».

Mannerheim, la Finlande face aux Rouges de Jean-Claude Rolinat  (200 pages, 20 euros+ 3 de frais de port), Les Cahiers d’histoire du nationalisme, Editions Synthèse nationale, 116 rue de Charenton, 75012 Paris.

 

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samedi, 28 février 2015

Un nouveau Cahier d'Histoire du nationalisme consacré à Mannerheim et à la Finlande

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Méconnu en France, le Maréchal Carl Gustaf Emil Mannerheim incarna, dans la première moitié du XXe siècle, l'héroïque résistance nationaliste et anti-communiste du peuple finlandais face aux prétentions impérialistes des soviétiques.

Mannerheim fit preuve d'un pragmatisme original grâce auquel la Finlande est sortie victorieuse de sa guerre de libération nationale. Certes, il s'entendit avec les puissances de l'Axe, mais cela ne l'empêcha pas de continuer à jouer un rôle politique important jusqu'à sa mort survenue en 1951.

Jean-Claude Rolinat, à qui nous devons un livre consacré à Salazar cliquez ici et un autre à Mandela cliquez là (publiés aux Bouquins de Synthèse nationale), nous fait revivre dans ce n°5 des Cahiers d'Histoire du nationalisme ce grand patriote qui mérite d'être mieux connu.

Vous pourrez aussi lire des documents historiques consacrés à Mannerheim :

- Un article du professeur François Duprat publié en 1973 dans Défense de l'Occident.

- Un entretien avec Alfred Fabre-Luce publié dans Les Ecrits de Paris en 1952.

- Une contribution de Philippe Vilgier, auteur d'une biographie de Jean Fontenoy (Editions Via Romana 2012) qui fut volontaire pendant la guerre d'Hiver en 1939 en Finlande dans les rangs des troupes nationalistes.

200 pages, 20 €

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jeudi, 12 février 2015

L'histoire du Parti des Forces nouvelles :

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BONNE NOUVELLE, le nouveau site de vente de Synthèse nationale est en ligne :

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Notre précédent site de vente des Bouquins de Synthèse avait été arbitrairement fermé par l'hébergeur la semaine dernière cliquez ici

Nous avons relevé le défi, un nouveau site est désormais à la disposition de nos lecteurs. Il s'agit de Synthèse Editions.

Pour le consulter : cliquez ici

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dimanche, 25 janvier 2015

NON, NOUS NE SOMMES PAS CHARLIE !

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La semaine d’hystérie qui a suivi les deux tueries des 7 et 9 janvier 2015 à Paris mérite qu’on s’y intéresse de plus près. Sept jours durant, les médias aux ordres nous ont abreuvés de commentaires élogieux et hypocrites sur ceux qui s’autoproclamaient « Je suis Charlie ». Cette opération de  récupération politique a été menée de main de maître par le pouvoir actuel. Rarement nous avons  assisté à un tel conformisme de circonstance.

Mais cet unanimisme n’est qu’apparence. Des voix se sont élevées ici et là pour affirmer leur différence. Elles n’ont pas eu, ou très peu, la possibilité de s’exprimer. Nous avons donc décidé de recenser dans ce numéro hors-série de la revue Synthèse nationale un certain nombre de prises  de positions iconoclastes glanées sur la toile. L’ensemble de ces textes donnant une toute autre  approche des événements que celle véhiculée par les chiens de garde du Système.

Notre objectif : donner à ceux qui veulent s’opposer à la pensée unique les arguments nécessaires pour la combattre.

De nombreuses réactions :

Vous pourrez lire les réactions de personnalités non conformistes telles que Jean-Ansar, Serge Ayoub, Bruno Bartez, Yvan Benedetti, Claude Bourrinet, Thibaut de Chassey, Yves Darchicourt, Raoul Fougax, André Gandillon, Bruno Gollnisch, Roland Hélie, Carl Lang, Jean-Yves Le Gallou, Jean-Marie Le Pen, Jean-Gilles Malliarakis, MNR, Charles-Philippe d’Orléans, Charlotte d’Ornellas, Patrick Parment, Caroline Parmentier, Arnaud Raffard de Brienne, Philippe Randa, Riposte laïque, Jean-Claude Rolinat, Robert Spieler, Nicolas Tandler, Pierre Vial... et bien d’autres.

Sortie samedi 17 janvier d'un numéro hors série de Synthèse nationale donnant la parole à ceux qui ne sont pas Charlie.

Commandez-le dès maintenant ! Faire surgir la vérité est un acte militant. 

Synthèse nationale hors série n°4

120 pages, 12 € (+ 3 € de port), 6 exemplaires : 50 €, 12 ex. : 90 €

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116, rue de Charenton 75012 Paris (Correspondance uniquement)

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mercredi, 31 décembre 2014

L’histoire du PFN (Parti des Forces Nouvelles)

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Robert Spieler - Rivarol n°3169

Les origines

Le PFN naissait, il y a 40 ans, le 11 novembre 1974 et occupa, durant dix ans, l’avant-scène de la « Droite nationale ». Ordre Nouveau ayant été dissous, ainsi que la Ligue Communiste de Krivine, ses dirigeants décidèrent de créer  un Front national, en 1972, dont Jean-Marie Le Pen ne fut aucunement le fondateur, contrairement à ce que croient beaucoup. Les anciens dirigeants d’Ordre Nouveau, dont Alain Robert, étaient allés chercher Jean-Marie Le Pen, qui avait encore une certaine notoriété dans les milieux nationaux (il avait été député poujadiste, talentueux patron du groupe à l’Assemblée nationale, et dirigea la campagne présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour). Leur objectif était évidemment de faire de Le Pen une sorte de potiche, manipulable à merci. Ceux qui connaissent le personnage savent qu’il n’en pût être ainsi. Une scission eut lieu, et les dirigeants de l’ex Ordre Nouveau quittèrent le Front national émergent et créèrent le Parti des Forces Nouvelles, qui, à l’époque, fut bien plus dynamique, talentueux et médiatisé que le FN. Il s’agissait, dans leur esprit, de créer une « droite moderne ». Vaste sujet… Le livre qui nous conte cette étonnante aventure a été piloté par Didier Lecerf, qui fut un militant et un responsable du parti, aux côtés de Roland Hélie, dans la dernière période du parti,  dans  les années 1980. Mais revenons aux origines du PFN. Au printemps 1973, Ordre Nouveau lance une campagne contre « l’immigration sauvage » et annonce la tenue d’un meeting, le 21 juin, à la Mutualité. Aussitôt, fureur des gauchistes qui exigent l’interdiction du meeting. Des centaines de militants de la Ligue communiste, casqués et armés de manches de pioche, de barres de fer, de cocktails Molotov, passent à l’attaque : il y eut 71 blessés du côté policier… Le 28 juin, Ordre Nouveau fut dissous, ainsi que le mouvement de Krivine, en Conseil des ministres…

Quelques souvenirs personnels

L’auteur de ces lignes fut militant et fut même un des responsables alsaciens du PFN. L’historien Pascal Gauchon, patron du PFN, vint inaugurer notre local, en plein centre de Strasbourg. Un modeste studio de 100 m2 dans un quartier bourgeois. Mais cela ne nous suffisait pas. Nous louâmes tout un immeuble, de 400 m2 dans le quartier de la gare, assez délabré à l’époque, pour un prix, il est vrai, raisonnable. Nous avions créé une imprimerie et embauché un salarié. La folie… Bien entendu, comme nous étions tous parfaitement nuls en gestion, l’affaire périclita. Mais les dîners militants succédaient aux dîners militants. Notre antre était en quelque sorte une Casa Pound avant l’heure… Les actions militantes  faisaient parler d’elles dans le Landernau strasbourgeois. Pas de semaine sans qu’une distribution de tracts n’ait lieu devant un Resto U. Nous n’avons jamais eu de problème avec l’extrême gauche. Il est vrai que nous avions un service de protection des plus efficaces. Notre ami C.D. avait un chien-loup à la mine particulièrement féroce qui suscitait comme un respect, chez nos adversaires… L’extrême-gauche ne nous menaça qu’une seule fois, envisageant de prendre d’assaut notre local. Le SAC (service d’action civique, la milice gaulliste), vint à notre rescousse. Je n’en tire pas une fierté particulière… A ce propos, voici une anecdote qui devrait éclairer certains de nos jeunes amis tentés par une radicalité hasardeuse. J’avais été invité avec mon ami J.J.C par le patron du SAC alsacien, dans sa maison à Brumath, qui servait aussi de lieu de réunion de l’officine. Il nous reçut fort aimablement. Il s’absenta quelques minutes, puis revint avec un paquet, que nous ouvrîmes : c’était de la dynamite. Il avait pour projet de nous faire exploser la librairie de Ferdinand Moschenross, l’animateur du mouvement autonomiste alsacien, que j’aimais bien mais qu’il haïssait minutieusement  (certains Rivaroliens alsaciens se souviennent sans doute de sa  Librairie 31, sur les quais, en face du palais des Rohan). Nous refusâmes bien sûr ce cadeau. Mais imaginons que nous ne nous n’ayons pas été formés politiquement, que nous n’ayons pas eu un minimum de raison, que nous nous soyons laissés aller à une sorte d’héroïsme de contrebande, que serions-nous devenus ?  Le patron du SAC rejoignit, quelques années plus tard, le Front National… A propos d’héroïsme de contrebande, il faut que je vous raconte la fin du PFN alsacien qui explosa, c’est le cas de le dire. Trois de nos militants, qui n’étaient pourtant pas des imbéciles, entreprirent, sans nous en avertir, une opération, qui aurait pu avoir des conséquences humaines dramatiques, au sujet de laquelle je ne m’étendrai pas, même s’il y a prescription. Nous apprîmes très vite ce qui s’était passé. Nous étions évidemment consternés et furieux. L’un des nôtres (si l’on peut dire), que nous  connaissions, à vrai dire, assez peu, se rendit le soir même au commissariat de police pour les balancer. Dès le lendemain, les perquisitions démarraient. Nous fûmes une quinzaine à être interrogés par la Police Judiciaire. Aucun de nous ne balança ceux qui restaient quand même des camarades, leur stupidité fût-elle totale… La ligne de défense était : ce type (le dénonciateur) est un fou… Ce qui était certainement vrai… Dix ans plus tard, alors que j’étais député du Front national, ma secrétaire m’informe de la venue d’une personne qui, paraît-il, me connaissait fort bien, à une fête du FN auprès d’un étang dans la région de Strasbourg. Elle ne se souvenait plus de son nom. C’était lui, la balance. Il était venu avec son épouse et son jeune fils. Par égard pour eux, je le pris à part, et lui intima l’ordre : « Casse-toi immédiatement ». Ce qu’il fit…

Faire Front, puis le PFN, face au FN

Les comités Faire Front étaient, en quelque sorte, les bases de ce qui sera le futur Parti des Forces Nouvelles. Le divorce devient total entre les comités et le FN. Et puis, survient le décès de Georges Pompidou. Jean-Marie Le Pen entend être le « candidat de salut public », le chef de file de « toute la droite sociale, populaire et nationale ». Faire Front, avec François Brigneau, choisit résolument de faire battre Chaban-Delmas, « ce général de la Résistance et cet affairiste de l’Epuration ». Et d’appeler à voter Giscard d’Estaing… Le PFN naîtra les 9, 10, 11 novembre, lors d’un congrès constitutif qui se tiendra à Bagnolet. 250 personnes, venues de toute la France, sont là. Une plaquette doctrinale de 88 pages, Propositions pour une nation nouvelle, largement inspirée par les idées de la Nouvelle Droite, est diffusée. Le PFN se veut l’incarnation d’une droite moderne, décomplexée, tournée vers l’avenir, au « service d’une France forte, juste et libre », dans une « Europe de nations, unie et puissante ». Décidé à devenir « respectable » (vieille antienne de ceux qui ne le seront jamais, vu leur passé), il décide de tourner le dos à l’activisme, au sectarisme, au profit d’un style totalement nouveau, ouvert et rassurant, lui permettant de tendre la main et de travailler avec tous ceux qui, à droite, se battent contre le socialisme triomphant et l’Union de la gauche. Bref, le PFN entre dans le système, et pas qu’un peu. Même François Brigneau, qui n’est pourtant pas le plus modéré des modérés, déclare en 1974 : « Nous devrions nous placer aux frontières de la droite de la majorité ». Bref, le PFN se veut devenir respectable, ce qui n’est pas forcément à son honneur…Ceci dit, il fait preuve d’un grand dynamisme. Un « forum de la nouvelle droite » une « semaine du cinéma de droite » sont organisés et rencontrent du succès. On parle de « la droite design ». De nombreux intellectuels, dont Jean Raspail s’investissent. Ce dernier sera parmi les membres du premier conseil national du parti. Petite anecdote, en passant. J’avais dîné avec Jean Raspail, il y a trois ans, chez  des amis dans la Nièvre. Il m’expliqua qu’il n’avait jamais eu d’activités politiques. Malpoli au possible, je lui rappelai l’épisode du PFN (J’étais présent au congrès, quand il était là) qu’il semblait avoir quelque peu oublié. Il ne devint jamais Académicien. La faute, bien sûr, au Camp des Saints, magnifique livre qu’il faut lire et relire…

Le formidable dynamisme du PFN

Un exemple d’action militante amusante : la statue de cire de Georges Marchais fut enlevée, en janvier 1980, au musée Grévin, par un mystérieux « groupe d’intervention nationaliste ». Si vous voulez des détails, Roland Hélie pourra vous en fournir… La statue fut déposée, 13 jours plus tard « chez ses frères », en l’occurrence les ours du Jardin des Plantes. Le vétérinaire du lieu émotionna. Il déclara : « Si les ours avaient eu faim, cela aurait pu être dangereux pour eux ». Et puis, il y eut la création de nombreuses associations, plus dynamiques les unes que les autres, dont l’initiative du « sergent Dupuy » qui vole au soutien de l’armée française, confrontée aux menées de l’extrême-gauche. Le retentissement de l’opération fut énorme. Il obtint le soutien de nombreuses personnalités : les épouses des maréchaux de Lattre et Juin, les académiciens Thierry Maulnier et Maurice Druon ; les écrivains Jean Cau, Louis Pauwels, Michel de Saint-Pierre, Michel Droit, mais aussi le colonel Rémy et toutes les plumes de notre camp, dont François Brigneau. Interrogé par un journaliste qui lui demandait le pourquoi de sa présence à un forum du PFN, Michel Mourlet, qui fut le fondateur, il y a plus de quarante ans, du remarquable magazine littéraire Matulu, répondit : « Parce que j’y entends un son nouveau ». Il ajouta : « La substance vitale d’une civilisation, c’est sa culture. C’est pourquoi l’impérialisme marxiste a entrepris un immense travail en profondeur dans les trois secteurs-clés de la culture : l’enseignement, le monde intellectuel et le monde spirituel ». Une incroyable époque… Lors du « Forum de la nouvelle droite » organisé les 1er et 2 mars 1975, il y eut une exposition permanente abordant divers sujets : l’armée, la jeunesse, le Front de la jeunesse, le monde du travail, l’agitation, les forces communistes dans le monde et ceux qui leur résistent, les dédicaces de livres (Bardèche, Pierre Gripari, le colonel Rémy, Roland Gaucher, entre autres).

Il faut lire ce livre !

Le PFN, qui pourtant avait tenu la dragée haute au Front national finira, sur la proposition de Roland Hélie, qui en fut son dernier dirigeant, par s’auto dissoudre en juin 1984, devant l’irrésistible montée du parti de Jean-Marie Le Pen. Une époque finissait, une autre débutait. Il y a deux textes absolument superbes à lire dans ce livre, entre autres, bien sûr. Mais rien que ces textes méritent que l’on achète l’ouvrage. Le premier, superbe, est de Jean Raspail, paru en juin 1975 dans le mensuel du PFN, Initiative nationale. Son titre : Souviens-toi d’une pagode au Cambodge. C’est un texte magnifique. Découvrez-le. Vraiment. Le second, splendide,  a été écrit par Didier Lecerf, qui a piloté la réalisation de ce livre. Le titre de son article : « Pourquoi j’ai adhéré au PFN, et y adhérerais encore… » Dans un article plein de pudeur et d’émotion, il raconte une tranche de sa vie : Son père, qui un jour, quitte le domicile conjugal pour acheter des cigarettes. Comme l’écrit Didier, « manifestement, il ne les a toujours pas trouvées. Depuis, silence radio… » Didier Lecerf a, depuis, rejoint la grande famille des nationalistes français et européens, parfois orpheline… Il y est chez lui…

Le PFN, 1974-1984, Une autre droite, par Didier Lecerf, 200 pages, 20 euros plus 3 euros de frais de port ; Synthèse nationale, 116 rue de Charenton, Paris 75012

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mardi, 23 décembre 2014

Les dernières publications de Synthèse nationale

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jeudi, 13 novembre 2014

Malnier, un nouveau livre de Georges Feltin-Tracol

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Nous reprenons ici l'article de Robert Spieler publié dans Rivarol de la semaine dernière sur le remarquable livre que notre ami Georges Feltin-Tracol à consacré à Thierry Maulnier.

Synthèse nationale

Il y a près de 25 ans, la dénomination d’un nouveau lycée d’enseignement général, construit dans la banlieue ouest de Nice, suscitait l’émoi chez les couineurs de gauche, d’extrême-gauche, et chez les émotionnés professionnels de l’antiracisme. Pensez… Le maire de Nice, qui était alors Jacques Médecin, voulait le baptiser ‘Lycée Thierry Maulnier’. Ce qui fut fait, au grand dam des indignés congénitaux. Qui était Thierry Maulnier ? Une biographie écrite par le prolifique Georges Feltin-Tracol, nous dévoile les arcanes de cet étonnant personnage, qui fut accusé d’être ‘fasciste’ et dont Mauriac dira : « Au lieu de (se) contenter de quelques articles au Figaro, (il) aurait pu être le Sartre de (sa) génération ». Mais Thierry Maulnier ne s’est, certes pas, contenté d’écrire « quelques » articles au Figaro…

Sa jeunesse

Thierry Maulnier est le pseudonyme de Jacques Louis André Talagrand. Il est né le 1er octobre 1909 à Alès, de parents agrégés de lettres. Son père, Joseph, est un farouche républicain et un anticlérical énervé. Accessoirement, il se comporte comme un parfait tyran domestique, et voue ses deux fils à se consacrer à l’étude permanente : pas à l’école républicaine, non, à la maison… Jacques finira tout de même par découvrir la vie lycéenne dans un établissement de Nice. Gare à lui s’il amène des notes autres qu’excellentes à la maison. Le « despote », c’est ainsi que les frères le surnomment, se déchaîne… Mais cette dure éducation a des vertus. Jacques est plus que brillant, plus que cultivé. Il aura droit à sa photo dans la presse locale niçoise pour avoir décroché le second prix au Concours général d’histoire. A l’automne 1924, précoce, il entre en classe de terminale au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Il s’y fait vite une réputation certaine : sa haute taille, son exceptionnelle culture générale, et son m’en-foutisme affiché attirent les regards. Il fait le choix d’être un  « cancre invétéré » qui sera cependant bachelier avec une mention « assez bien », en une époque où une telle mention avait de la signification. Le voici en hypokhâgne où il fait la connaissance des inséparables Maurice Bardèche et Robert Brasillach, avec qui il sympathise fortement. En deuxième année de Normale ’Sup, loin de s’amender pour ce qui concerne son indolence, tant naturelle que travaillée, il se singularise, une fois de plus. Le diplôme de fin d’études repose sur un mémoire que la plupart des étudiants préparent d’arrache-pied tout au long de l’année. Pas lui. Il entreprend d’écrire son mémoire consacré à « L’art dramatique chez Racine d’après ses préfaces », 48 heures avant l’échéance, et obtient la note de 18/20 ! Il épate évidemment Brasillach, Bardèche, et ses camarades. Mais la perspective de devenir professeur, comme ses parents, ne l’enchante absolument pas. Il sera journaliste.

Thierry Maulnier, journaliste

Il découvre Charles Maurras et L’Action française, adhère à l’AF et milite quelques temps aux Camelots du Roi. Ecrivant dans l’organe maurassien des étudiants  L’Etudiant français, il prend le pseudonyme de Thierry Maulnier. Grâce à la qualité de ses articles, le nombre d’abonnements augmente. Il acquiert une certaine célébrité dans les milieux nationalistes. Il est âgé de vingt an ! Le service militairel’attend. Il en gardera un vif sentiment d’inutilité et un antimilitarisme sous-jacent. Sa vie sociale sera intense. Les sorties au théâtre, au cinéma et dans les bistrots s’enchaînent, aux côtés de ses amis Brasillach, Bardèche, Blond, Lupin, Kleber Haedens. Il plaît beaucoup aux femmes et fréquente assidument la Coupole, le Flore, Lipp quand lui et ses amis ne font pas le tour (à pied) de la capitale. Mais quand trouve-t-il le temps d’écrire ? Une anecdote qui décrit sa méthode : A un ami s’enquérant de son éditorial du mois,  il répondit : ‘Il est prêt’, et alors que l’autre le lui demandait, il ajouta : ‘Il ne me reste plus qu’à l’écrire’… Claude Roy dira de lui : « Ce grand travailleur est aussi un grand paresseux ». Cela n’explique  cependant pas tout de ses retards à ses rendez-vous. Il est amoureux de Dominique Aury, pseudonyme d’Anne Cécile Desclos, qui fréquenta la joyeuse équipe de Brasillach et de Bardèche. Elle sera, plus tard, en 1953, le célébrissime  auteur, sous le pseudo de Pauline Réage, d’Histoire d’O, roman érotique qui eut quelques soucis avec la censure.

 

Thierry Maulnier et les anticonformistes des années 1930

Curieuse et fascinante période que celle des années 1930. Un vaste ensemble intellectuel se développa en France, dans lequel Thierry Maulnier joua un rôle majeur. On évoqua les « relèves des années trente », avec d’un côté d’anciens briandistes favorables à la construction européenne, les « fascistes » de Georges Valois et les « techniciens » de ceux qui constituèrent plus tard la célèbre Synarchie. Thierry Maulnier faisait partie d’une seconde tendance qui, avec Denis de Rougemont et Robert Aron, venus du maurrassisme, constituèrent la Jeune Droite. On ne peut évidemment pas s’empêcher de penser à la Révolution conservatrice allemande. Maulnier rédigea l’introduction de l’édition française du Troisième Reich d’Arthur Moeller van den Bruck, un des maîtres à penser de cette école de pensée. L’ouvrage n’a, faut-il le rappeler, rien à voir avec le Troisième Reich hitlérien. Thierry Maulnier écrit, et il écrit beaucoup. Paul Sérant dira de lui qu’il « fut considéré à une certaine époque comme le successeur possible de Maurras dans le domaine doctrinal ». Révolutionnaire, Maulnier l’est avec véhémence. Il dénonce les effets désastreux de la modernité. : « La machine moderne doit produire à tout prix : on ne produit plus pour consommer, on consomme pour produire. De là naît un esprit nouveau, esprit barbare, mépris devant ce que la civilisation a de plus précieux, mépris de l’homme en fin de compte ». Allant encore plus loin dans la révolte, il appelle à « mépriser les lois, violer les lois et les détruire ». Il méprise profondément les milieux politiques de droite. Il écrit cette phrase terrible, si terriblement juste : « Nous ne sommes pas les braves jeunes espérés, la milice sacrée que la droite traditionnelle espère voir surgir pour lui remettre le soin de prolonger le temps des équipages, de défendre la tradition, la Propriété, la Famille, la Morale, et de faire renaître, avec un peu de chance, l’époque où il y avait encore des domestiques ». Maulnier aborde les questions sociales sans craindre de scandaliser ses lecteurs d’esprit conservateur. Il prône une synthèse révolutionnaire-conservatrice et, à l’instar de Drieu La Rochelle, un « fascisme socialiste qui est aujourd’hui la seule forme encore vivante du socialisme ». Il se méfie cependant des étiquettes et refuse d’importer en France des modèles totalitaires étrangers. S’inspirant de Lénine, il écrit : « Une révolution dans son principe n’a pas été un mouvement de masse, les mouvements de masse naissent après les révolutions. La prise du pouvoir, par la ruse ou par la violence, ne demande qu’une minorité ardente, cohérente, convenablement fanatisée. »

Maulnier, trop extrémiste pour Brasillach et Rebatet

Il collabore, entre autres revues, à L’Insurgé, qui se réclamait à la fois de Jules Vallès et de Drumont, dont les orientations fascisantes et corporatives étaient connues. Curieusement, l’équipe de Je suis partout (auquel collabore aussi Maulnier), en particulier Lucien Rebatet et Robert Brasillach, montre une franche hostilité à une ligne éditoriale qu’ils jugent trop extrémiste… Pas étonnant que Maulnier se rapproche durant quelques temps de Jacques Doriot et du Parti populaire français. Il collaborera même à l’organe principal du PPF, L’Emancipation nationale. Il déteste toujours autant le conservatisme, écrivant : « Ce qui nous sépare aujourd’hui des conservateurs, c’est autre chose et beaucoup plus que leur lâcheté (Mon Dieu, qu’il a raison !) », ajoutant « Ce ne sont pas seulement les méthodes d’action conservatrices, ce sont les manières de penser conservatrices, ce sont les valeurs conservatrices qui nous sont odieuses. » Et il ajoute : « A bas l’Union sacrée ! Sous aucun prétexte, nous ne nous solidariserons avec la France d’aujourd’hui ! », concluant par ces mots : « C’est dans l’opposition, c’est dans le refus, c’est, le jour venu, dans la révolution, que réside notre seule dignité possible ». Il évoque cette « République démocratique (qui) ne peut être pour nous que la grande ennemie du peuple, le symbole de son oppression séculaire et des massacres qui l’ont assurée », ajoutant « Démocratie et capitalisme ne sont qu’un seul et même mal : on les abattra en même temps ». Et puis, ces mots (écrits, faut-il le préciser, avant la victoire allemande) : « La France est un pays envahi, un pays colonisé, un pays soumis à la domination étrangère ».

Thierry Maulnier pendant la guerre

Officier de réserve, jacques Talagrand est mobilisé et part en première ligne. L’avancée allemande le contraint à se réfugier chez Léon Daudet. Il  appartiendra aux « vichysto-résistants », ce que n’apprécient guère ses anciens amis de Je suis partout, qui le qualifient de « gaulliste » et de « libéral anglais »à longueur d’articles incendiaires. Lucien Rebatet ira jusqu’à le qualifier, dans Les Décombres, d’  « agent inconscient de l’Intelligence Service » ! Il signe cependant, dans La Revue universelle, une série d’articles, développant des axes doctrinaux pour la Révolution nationale et adhère le 26 janvier 1941 au Comité de Rassemblement pour la Révolution nationale, aux côtés de Jean-Louis Tixier-Vignancour, Edouard Frédéric-Dupont (qui sera membre du groupe FN à l’Assemblée nationale, en 1986) et Antoine de Saint-Exupéry. Il s’écarte cependant de tout engagement politique et refuse toute collaboration avec l’occupant. Il écrit, en 1942, ces lignes : « C’est en-dehors des mythes démocratiques et des mythes totalitaires que se trouvent pour la France la seule renaissance, la seule existence possible ».

L’après-guerre

Le11 septembre 1944, Le Figaro, auquel Maulnier avait collaboré, reparaît. Son premier article concerne Les Réprouvés, allusion bien sûr au magnifique livre d’Ernst Von Salomon, et s’adresse aux soldats perdus de l’IIIème Reich. Il suscite la fureur de certains. Mais ses amis résistants se sont porté garants de lui. Il passe entre les mailles du filet. Ces cautions  n’empêchent pas Maulnier de s’en prendre virulemment à la « Révolution rouge de 1944 »: Indignation de la presse résistancialiste …  Il tonne contre une nouvelle « Terreur ». L’arrestation et la condamnation à mort de Robert Brasillach l’indignent. Avec Jacques Isorni, l’avocat de Brasillach, il rédige une pétition de demande de grâce à De Gaulle, et la fait signer par des artistes et des écrivains : entre autres, par François Mauriac, Jean Cocteau, Colette, Paul Valéry, Albert Camus, Roland Dorgelès. Hélas, Brasillach sera fusillé le 6 février 1945. Une ignominie que Maulnier ne pardonnera jamais à De Gaulle. Il continue à s’activer dans la défense des épurés. Il contribuera à obtenir la grâce de Rebatet, condamné à mort, qui l’avait pourtant copieusement invectivé. Rebatet saluera cet « homme de cœur d’une rare noblesse ». Il aidera aussi Maurice Bardèche à vivr, et même à survivre, l’aidant sur le plan professionnel.

Thierry Maulnier, un bourgeois arrivé à la consécration ?

Avec sa nouvelle épouse, Marcelle Tassencourt, avec qui il partage un amour immodéré pour les chats (ils en ont une dizaine),  il s’investit dans la mise en scène et la dramaturgie. Il critique dans ses pièces le système communiste, ce qui ne lui attire pas franchement les sympathies des Sartriens et autres valets du Komintern. En juin 1959, l’Académie française le récompense par son Grand prix de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Cinq ans plus tard, il sera élu Académicien, remplaçant Henry Bordeaux. Mais il continue à écrire au Figaro où il fournit un article ou un éditorial quotidien jusqu’en 1987. Au Figaro ou à La Table Ronde, maison d’édition dont il a « inventé » le nom, il combat frontalement le communisme et ses ‘idiots utiles’, lui qui connaît parfaitement l’œuvre de Karl Marx, qu’il a pu approfondir au temps de la Jeune Droite. Il dénonce avec virulence le totalitarisme rouge, lui qui avait écrit un essai au titre ‘signifiant’ : La face de méduse du communisme. Mais, curieusement, il prit fait et cause, comme le Pape et comme de multiples personnalité au niveau mondial pour les époux Rosenberg, condamnés à mort pour espionnage aux Etats-Unis. Ils avaient transmis aux Soviétiques les secrets de la bombe atomique et furent exécutés. Pourquoi le furent-ils, malgré cette mobilisation mondiale ? L’affaire mérite d’être racontée en quelques lignes. Les Américains avaient en fait réussi à décrypter les messages secrets que les Soviétiques envoyaient à leurs taupes américaines, dont les Rosenberg, et disposaient des preuves absolues de leur trahison. Mais pas question que les Soviétiques  sachent que leurs codes  avaient été décryptés. Le ministre de la Défense américain convoqua dans le plus grand secret les juges du tribunal, et leur présenta, sous le sceau de la discrétion la plus absolue, les preuves de la trahison des Rosenberg, qui furent en effet condamnés à mort et exécutés. Le supposé ‘recentrage’ politique de Maulnier suscita évidemment l’ironie et l’ire de Jacques Laurent, dans sa revue La Parisienne, et des maurassiens regroupés autour de Pierre Boutang. Maulnier était, à leurs yeux, coupable d’écrire dans un journal (Le Figaro), « aux opinions timorées ». Que diraient-ils aujourd’hui ? Mais Maulnier continue à s’engager, en faveur de l’Indochine française, en faveur de l’Algérie française. L’incurie politique de la IVème République l’exaspère tant qu’il en vient à soutenir le retour au pouvoir du général De Gaulle. Il en viendra même à condamner le putsch d’Alger. Maulnier, qui avait pourtant collaboré un temps à Défense de l’Occident de son vieil ami Bardèche, se rapprochera des thèses atlantistes tout en acquiesçant la politique étrangère de De Gaulle.

Mais, « fasciste un jour, fasciste toujours »

Les événements de mai 1968 le réveillent d’un (relatif) sommeil. Dominique Venner, qui le rencontra souvent, dira : « Qu’à bientôt soixante ans, l’écrivain fût différent du jeune homme qu’il avait été trente ans plus tôt, qui s’en étonnerait ? Mais je peux témoigner que le Thierry Maulnier de l’âge mûr, celui que j’ai connu, était beaucoup moins apprivoisé qu’on ne l’imagine, beaucoup moins changé qu’on ne l’a dit. » Thierry Maulnier présidera des colloques dont les invités furent Roland gaucher, Giorgio Locchi, Jean Dutourd, Paul Sérant ou Raymond Ruyer. L’académicien assista aussi à des colloques du GRECE et accepta de figurer dans le comité de patronage de Nouvelle Ecole, la remarquable revue de la Nouvelle Droite dirigée par Alain de Benoist et Pierre Vial. Et c’est ainsi que Thierry Maulnier transmit implicitement le flambeau du combat d’idées de la Jeune Droite et des non-conformistes des années trente auu non-conformistes des années 1970, regroupés autour du GRECE et de la « Nouvelle Droite »…

La mort de Thierry Maulnier

Celui que notre ami Rivarolien, Patrick Parment, avait qualifié, dans un numéro d’Eléments en 1988, de « Cioran sans amertume », et à qui  Pierre Vial rendit hommage dans la même revue avec ce titre, « Thierry Maulnier l’insurgé », décède le samedi 9 janvier 1988 à Marne-la-Coquette.

Georges Feltin-Tracol, Thierry Maulnier, un itinéraire singulier, préface de Philippe d'Hugues, 18 euros (plus 3 de frais de port), Editions Auda Isarn, BP 90825 -  31008 Toulouse Cedex 6

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mercredi, 22 octobre 2014

Sur la biographie de François Brigneau signée Anne Le Pape

I-Moyenne-16917-brigneau-qui-suis-je.net.jpgRobert Spieler

Rivarol du 4 septembre 2014

Anne Le Pape vient d’écrire la première biographie de François Brigneau. Passionnante. Elle a paru aux éditions Pardès. On y découvre ce journaliste de combat, d’une énergie époustouflante et d’un courage sans limite,  qu’un sondage de notoriété de l’IFOP classait en 1965, comme deuxième journaliste de France. Il fut salué par des hommes aussi différents que Frédéric Dard et Jean Madiran, Céline et Roger Hanin, Hubert Beuve-Méry et Jacques Vergès, Robert Brasillach et Jean Gabin, Yvan Audouard et Michel Déon, Pierre Boutang et Albert Simonin, Arletty et Raymond Bourgine, Antoine Blondin, Pierre Lazareff, Jacques Benoist- Méchin, Marcel Pagnol ou Alphonse Boudard.

Sa jeunesse

WellAllot est né le 30 avril 1919 à Concarneau. Ce breton, qui prendra plus tard le pseudonyme de François Brigneaua un père instituteur, vigoureusement républicain (Il adhèrera au Parti communiste)  et une mère ainsi qu’une grand-mère profondément catholiques. Ambroise, son grand père, est patron pêcheur. Un personnage :« Taciturne à jeun, quand il avait bu il aurait cherché querelle à ses sabots », dira de lui son petit-fils. Le petit Well grandit dans une atmosphère de deuil. La Bretagne, qui a sacrifié près de deux cent quarante mille de ses enfants lors de la Grande guerre, a particulièrement souffert. Well en conservera une solide méfiance à l’encontre des va-t-en-guerre de tous bords.Well n’est certes pas un élève modèle. Il se décrit ainsi : « Turbulent, bagarreur, distrait, grand lecteur de romans, j’estimais inutile de travailler en classe et d’apprendre mes leçons, ou de m’appliquer sur mes devoirs à la maison ». Il s’intéresse à l’aventure maritime en solitaire, à la littérature, au football, au vélo et… rêve de devenir journaliste comme Jules Vallès et Henri Béraud. A douze ans il fonde son premier journal, David, référence à David Copperfield, son livre de chevet.

L’ombre de la guerre, puis la guerre

Quand Well a seize ans, commence la grande bataille pour la paix. Il découvre Paris en 1937, ses intellectuels marxistes, antimilitaristes, dénigrant l’ordre et la patrie. Découverte qui le bouleverse. Il se sent dans un premier temps proche du Front populaire mais sera bientôt munichois, par haine de la guerre et crée à Concarneau une section des jeunes du Parti frontiste de Gaston  Bergery. Well vend La Flèche à la criée sur le port avec ce slogan : « Contre la guerre ! Contre les ingérences étrangères ! Contre les oligarchies financières ! » . Il est mobilisé en 1939. Ses souvenirs qui l’ont marqué ? Il répond cinquante ans plus tard : « L’ivrognerie. Le vin chaud du soldat fait des ravages : on boit le matin pour se mettre en train. On boit le soir pour glisser dans le sommeil. On boit dans les chambrées. On boit à la cantine… Quelle image ! Et quelle armée ! » Le seul soldat qui trouve grâce aux yeux du jeune Allot est le maréchal Pétain. Installé à Paris en novembre 1942, il découvre dans Je suis partout les éditoriaux de Robert Brasillach. Il lit Notre avant-guerre. Il aime sonstyle, ce mélange d’humour et de tendresse, de gentillesse et d’intelligence. C’est le début d’une amitié forte. Well découvre en Brasillach le grand frère qu’il n’a jamais eu. Robert lui fait découvrir Maurras et l’encourage à écrire. Et puis, alors que la guerre est d’évidence perdue, il s’engage le 6 juin 1944 dans la Milice. Pourquoi ? Il a beaucoup d’admiration pour le « vieux Joseph » Darnand. Et puis, racontera-t-il : « Par orgueil, par sentiment, pour ne pas avoir l’air d’un ‘dégonflé’, parce que beaucoup de mes copains avaient été tués par le maquis, parce que tout ce que disait Londres me révoltait, parce que je voulais servir le Maréchal ». Les conséquences ? : « Deux mois d’engagement maudit, cinquante ans de galère », dira-t-il. A Fresnes où il sera incarcéré quinze mois, il fréquente du beau monde dont bien sûr Brasillach, Henri Béraud, Benoist-Méchin et même Tino Rossi. Brasillach lui adressera une dernière lettre, le 28 janvier, dans laquelle il écrit : « Je ne veux pas faire de littérature, mais tu sais que je suis très fier de t’avoir connu et de t’avoir inspiré de l’amitié ».Well sera acquitté par la cour de justice de la Seine le 17 décembre 1945 mais frappé de dix ans d’indignité nationale (« d’indignation nationale », dira-t-il).

Well Allot, journaliste et écrivain

Le futur François Brigneau va collaborer sous divers pseudonymes à de nombreux journaux et revues dont plusieurs sont monarchistes : Paroles françaises de Pierre Boutang,  Rire,L’Indépendance française, Ici France, La Dernière Lanterne, etc…  Son pseudonyme est Julien Guirec. En 1948 il organise même un spectacle de chansonniers dans un cabaret-dancing du boulevard Saint-Germain.  Et puis, arrive son entrée dans la « grande presse ». Il rejoint France Dimanche (rien à voir avec  l’hebdomadaire à scandales qu’il est devenu) où il assure le reportage des grands événements sportifs, puis celui des procès, comme celui de Marie Besnard, accusée d’empoisonnement. Julien Guirec va fonder, avec Maurice Gaït et Léon Gaultier, La Fronde, organe des petits contre les puissants. On y retrouve Antoine Blondin et Jean Pleyber. Seuls quatre numéros paraîtront. René Malliavin, directeur d’Ecrits de Paris propose à l’équipe d’élargir la formule et de lancer un hebdomadaire. En 1951 paraît le premier numéro de Rivarol, dont François Brigneau est le rédacteur en chef. On y trouve les plumes d’Antoine Blondin, de Pierre Dominique, d’AlbertParaz et de Ben (l’auteur de Voyage en Absurdie), qui en est aussi l’illustrateur. Robert Hersant lance alors Semaine du Monde et engage Guernec. Celui-ci choisit définitivement le pseudonyme de François Brigneau et devient vite rédacteur en chef. Il rejoindra par la suite Paris-Presse. Brigneau y sera heureux jusqu’au drame de l’Algérie. Ses reportages le mènent aux quatre coins du monde, de Washington (il suit la visite de Khrouchtchev) au Congo (il couvre la révolution de Lumumba) en passant par Berlin, Londres et même Alger en novembre 1960. Il deviendra en septembre 1962, grand reporter à L’Aurore et se rendra notamment à Rome pour le conclave, après la mort de Jean XXIII et rendra compte du procès de Bastien-Thiry. Moment douloureux, car il revivra les heures précédant la mort de Robert Brasillach.

L’aventure de Minute

Jean-François Devay, fondateur de Minute en 1962, va proposer à Brigneau d’y collaborer sans périodicité régulière. Le directeur de rédaction de L’Aurorele lui interdit et François, renonçant à une confortable carrière, claque la porte en 1964. Il sera nommé très vite rédacteur en chef de Minute et chargé des échos, poste stratégique. Voici comment Jean Mabire décrit le nouveau collaborateur : « Il a des yeux vifs, tour à tour malicieux et impitoyables, une crinière sombre qui se hérisse sous la pluie et descend loin sur les joues à la mode des gentilshommes corsaires de la marine en bois. Sa tête taillée à la hache se dégage difficilement d’une poitrine profonde comme un coffre de pirate ». Les ventes de Minute, dont le premier numéro s’est vendu à 70 000 exemplaires grimperont pour certains à 260 000 ! François Brigneausera, de 1964 à 1987, selon les mots de Jean-François Devay, le « porte-drapeau » de Minute où il assure une chronique régulière. Il est aussi reporter et se rend au Viet-Nam et au Moyen-Orient. Une anecdote savoureuse : Il rencontre Menahem Begin et lui demande, à propos de l’avortement que l’Etat d’Israël autorise si les Israéliens n’ont pas peur d’aggraver le déficit des naissances par rapport aux Palestiniens ; d’autre part ne songent-ils pas que le Messie attendu par les Juifs pourrait se trouver dans le ventre d’une de ces femmes qui veulent avorter ? Fureur de Begin qui cesse de parler français, vitupère en hébreu et lui tourne le dos… Minute sera bien sûr le journal le plus poursuivi de France. Les procès s’échelonnent : La Lica (qui n’est pas encore la Licra), le Mrap et bien sûr De Gaulle s’en donnent à cœur joie. Les condamnations pour offense au chef de l’Etat pleuvent. Commentaire de Brigneau : « Nous collectionnons les condamnations, comme d’autres les timbres ». Quand Brigneau qualifie la série Holocauste de « feuilleton de propagande », le journal est poursuivi dix-huit fois, grâce aux astuces du cabinet Badinter ! L’hebdomadaire va connaître une suite ininterrompue d’attentats. Les voisins surnomment l’immeuble de l’avenue Marceau « Beyrouth-sur-Seine ». En juin 1968, une bombe est posée au domicile de François Brigneau, à Saint-Cloud, blessant gravement l’éboueur d’origine immigrée qui perdra une main et la vue.

Présent, Le  Choc du mois, National-Hebdo

Le 5 janvier 1982, le numéro 1 de Présent paraît. François en est l’un des fondateurs. En 1986, Présent organise un banquet de 1000 couverts pour fêter les 1000 numéros parus. Mais où est, bigre, Mathilde Cruz, qui tient une rubrique de télévision très appréciée ? Les lecteurs demandent à la rencontrer. On leur répond qu’elle vient juste de sortir. En fait Mathilde Cruz est un pseudonyme de François Brigneau ! Au printemps 1987, François, qui a passé vingt-trois ans à Minute, quitte l’hebdomadaire, en difficulté et sujet à des dissensions et rejoint National-Hebdo où il sera accueilli par Roland Gaucher et où le rejoindra bientôt son ami Serge de Beketch. Brigneau ne tardera pas à quitter Présent où il s’était exprimé en faveur de la liberté de recherche historique concernant la thèse d’Henri Roques, ce que Madiran, prudent, n’avait pas apprécié. Du coup, Brigneau claqua la porte, suivi de sept cent abonnés. Le Choc du mois paraît en décembre 1987. Brigneau y est chroniqueur. Mais le mensuel disparaîtra en juillet 1993. François Brigneau / Mathilde Cruz peut désormais se consacrer totalement à National-Hebdo. Il  y accomplira son travail de « vieil écrivain de presse », « dans une grande liberté et avec un certain bonheur. »Il sera chassé de NH en décembre 1998, date où éclate la crise au sein du Front national, qui l’ébranlera profondément. Les divisions restent à ses yeux une maladie grave du mouvement national. Entendre traiter de « félons » les amis d’hier lui est insupportable. Mais il ne baisse pas les bras. Il fait partie de ceux qui soutiennent le lancement du Quotidien de France de Martin Peltier et donne des articles au Libre Journal de Serge de Beketch qui considère François comme le pater familias de sa famille d’esprit, son « roc politique ». Il y collaborera jusqu’au dernier numéro, celui du 22 octobre 2007, consacré à son fondateur qui vient de mourir. Puis il confiera encore quelques articles à Emmanuel Ratier pour Faits et Documents.

François Brigneau, militant politique

On a vu que François Brigneau, très jeune, vendait La Flèche, le journal du Parti frontiste de Gaston Bergery. Après la guerre, il donnera des conférences en faveur de l’amnistie. Le mouvement Poujade ne l’enthousiasme guère. Il rejoindra en 1965 le Comité national Tixier-Vignancour et participera à fond à la campagne présidentielle.  Il contribuera en 1969 à la création d’Ordre Nouveau, dont il est membre du comité national. Lors d’un meeting nationaliste, le 13 mai 1970, il déclare : « Il faut faire un parti révolutionnaire blanc comme notre race, rouge comme notre sang et vert comme notre espérance ».Ordre Nouveau adopte une stratégie de front national et contribue à la fondation du nouveau parti, dont Jean-Marie Le Pen sera le président. Brigneau sera, avec Gérard Longuet, le principal rédacteur du premier programme politique du Front. Après la dissolution d’O.N., il rompra avec le F.N. et participera à l’aventure du  Parti des Forces Nouvelles (PFN), avant de devenir, quelques années plus tard, un compagnon de route du FN qui émerge en tant que force politique. Comme on l’a vu précédemment, partisan d’un « ticket Le Pen / Mégret », la rupture de 1998 l’amènera à s’éloigner définitivement de l’action politique.

WellAllot / François Brigneau meurt le 9 avril 2012 à Saint-Cloud. Entouré de sa famille, de ses amis et de ses fidèles, il est enterré le 13 avril au cimetière de Saint-Cloud.

Pour commander le livre d’Anne Le Pape: François Brigneau, collection Qui suis-je, éditions Pardès, 12 euros,  Pardès, 44 rue Wilson, Grez-sur-Loing  77880

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samedi, 17 mai 2014

"RIVAROL" PARLE DU 1er NUMERO DES "CAHIERS D'HISTOIRE DU NATIONALISME" CONSACRE A LEON DEGRELLE...

2324674723.jpgUn article de Robert Spieler paru dans Rivarol du 24 avril dernier cliquez ici :

Il y a quelques semaines paraissait dans les pages nécrologiques des quotidiens belges Le Soir et L’Avenir ce texte : « 31 mars 2014 : vingtième anniversaire de la disparition de l’écrivain et poète JEAN DOUTRELIGNE 1906-1994. Auteur de ‘Notre-Dame’ de la ‘Sagesse’, ‘Révolution des âmes’, ‘La Chanson ardennaise’, ‘La Grande Bagarre’… Sa famille, ses amis, ses disciples ne l’oublient pas. » Jean Doutreligne est le pseudonyme de… Léon Degrelle, qui écrivit de magnifiques poèmes. La parution de cette annonce à laquelle les services des deux journaux n’y virent que du feu suscita évidemment la joie chez certains et la fureur chez d’autres. C’est une des nombreuses anecdotes que l’on trouve dans le livre consacré à Léon Degrelle dans la nouvelle collection de Synthèse nationale, pilotée par Roland Hélie et intitulée « Cahiers d’histoire du nationalisme ». On y trouve des contributions de Camille Galic, Francis Bergeron, Pierre Vial, Yvan Benedetti, Alexandre Gabriac, Henri de Fersan et d’autres qui nous pardonneront de ne pas les citer tous. On y trouve aussi un article de Saint-Loup et un important discours de Léon Degrelle, prononcé le 7 février 1943 à Berlin, intitulé : « Pour la révolution nationale-socialiste ». Christophe Georgy nous présente la biographie du « beau Léon ». Ses soldats le surnommaient aussi affectueusement « Modeste 1er de Bourgogne » car il n’avait, à juste titre, pas la réputation d’être d’une modestie excessive.

Naissance et jeunesse

C’est dans les Ardennes belges, dans la petite ville de Bouillon, située à trois kilomètres de la frontière française, au nord de Sedan, que nait Léon, Joseph, Marie, Ignace Degrelle, le 15 juin 1906, dans une famille d’origine française, très catholique. Son père, Edouard Degrelle, brasseur de métier, avait quitté la France en 1901 car il était opposé aux persécutions qu’imposait le ‘Petit Père Combes’ aux congrégations religieuses. Léon Degrelle fut très marqué, dans sa jeunesse par l’affreuse guerre qui ravagea l’Europe, n’épargnant pas la Belgique. En novembre 1918, il est choisi pour présenter un compliment aux officiers français qui entrent à Bouillon. Le jeune scout fera à cette occasion le tour de la ville, main dans la main avec un officier dont le nom est… Philippe Pétain à qui il vouera toute sa vie une profonde admiration. Dès l’âge de seize ans, il se passionne pour la littérature et notamment pour l’œuvre de Charles Péguy. Il écrit des poèmes et commence à collaborer à des journaux.

Degrelle journaliste

Il commence à s’intéresser à la politique et grâce à la lecture de Charles Maurras dans l’Action française, il se forge ses premières convictions personnelles. Il lit aussi Léon Daudet et Jacques Bainville. C’est au cours de ses études en faculté de lettres et de philosophie thomiste à l’Université catholique de Louvain qu’il est repéré par Mgr Picard qui voit déjà en lui un vrai meneur. Il lui propose, alors qu’il n’a que vingt ans, de prendre la direction d’un journal d’étudiants dont il portera, grâce à son talent d’éditorialiste, les ventes à 10 000 exemplaires, chiffre impressionnant pour ce type de publication. Mais la consécration viendra avec sa rencontre avec l’abbé Norbert Wallez, directeur du grand journal catholique Le Vingtième siècle, qui l’engage.

Degrelle rencontre Hergé

Au même moment débute le jeune Georges Remi, qui se fera connaître sous le pseudonyme d’Hergé. Comme le raconte Francis Bergeron, leur amitié fut immédiate et définitive. Un vrai coup de foudre ! Hergé est fasciné par son nouvel ami et certains, dont Degrelle, prétendront qu’Hergé s’est inspiré de lui pour le personnage de Tintin. N’allons pas aussi loin. Degrelle, envoyé en reportage au Mexique où le gouvernement franc-maçon exterminait les chouans catholiques entrés en rébellion (les Cristeros), en profita, au retour pour se rendre en Amérique du Nord. Sur une photo connue, on voit Degrelle au pied des gratte-ciels new-yorkais, image transcrite presque à l’identique dans Tintin en Amérique. Hergé s’est évidemment inspiré des récits de son ami, des photos rapportées et aussi des bandes dessinées américaines, alors inconnues en Europe, que lui apporta son ami. Ils se rencontrèrent la dernière fois au début de l’Occupation mais restèrent en correspondance. On sait, raconte Bergeron, qu’Hergé a lu les deux livres de souvenirs de Degrelle dont La Campagne de Russie, qu’il avait trouvé « émouvant et bien écrit » et qu’il en conseillait la lecture à ses amis.

Degrelle, patron de presse

Journaliste, Degrelle lance plusieurs publications dont Rex, dont il deviendra le propriétaire en 1933. A 27 ans ! Il avait annoncé au lancement du journal : « Notre journal politique va y aller carrément. Nous servirons le Parti catholique de toutes nos forces, en le critiquant ou en l’encourageant, en attendant de le conquérir ». En 1934, il se rend en Espagne, y rencontre José Antonio Prima de Rivera qui fait de Degrelle le premier membre non espagnol de la Phalange ! La rupture avec les organisations catholiques, qui se méfiaient de plus en plus de son activisme, se produit en 1935. Arrivent les élections législatives du 24 mai 1936. Degrelle n’y va pas de mainmorte durant la campagne électorale. Un évêque sera même traité de « clown » et de « prêtre de foire ».

Degrelle crée le Rex

Rex a désormais vocation de devenir un part politique à part entière. Il s’appellera Rex. Degrelle trouve de nouvelles formes de manifestations. Il veut faire le ménage dans le Système. Il fait défiler des milliers de porteurs de balais. Il qualifie les politiciens vendus de « banksters ». Le soir des élections, le parti rexiste obtient 11,5% des voix, 21 députés et douze sénateurs. Robert Brasillach rencontre Degrelle et publie un reportage dans Je suis partout intitulé Visite à Léon Degrelle. Le chef du Rex se fait aussi inviter en Italie où il rencontre Benito Mussolini qui lui offrira une aide financière. Le 26 septembre 1936, il est reçu à Berlin par Adolf Hitler et son ministre des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop qui rapportera le commentaire du Führer : « Je n’ai jamais vu de tels dons chez un garçon de cet âge ». En Janvier 1937, Rex organise au Palais des Sports de Bruxelles les fameux Six jours de Rex, rassemblant chaque soir douze à quinze mille personnes. Des élections ont lieu en avril 1937. Degrelle qui se présente en face d’une sorte de Front républicain, si l’on peut utiliser ce terme pour la Belgique, subit un revers. Il obtient 19% contre 76% à son adversaire qui était le Premier ministre…Il visite l’Espagne en 1938 et est reçu par le Caudillo. Lors des élections législatives du 2 avril 1939, il est cette fois-ci élu député à Bruxelles.

Degrelle persécuté

Pendant la « drôle de guerre », il soutient la politique de neutralité du Roi. Il estime que la responsabilité de la France et de la Grande-Bretagne, et plus spécialement des forces occultes de la franc-maçonnerie et de la finance juive est à l’origine du conflit. Arrêté en mai 1940 ainsi que 6000 personnes soupçonnées appartenir à une « cinquième colonne » (dont des trotskistes, des nationalistes flamands, et même des réfugiés juifs allemands), il subira une incarcération avec passage à tabac, simulacre d’exécution, et sera déplacé dans 21 prisons françaises. Il sera libéré le 24 juillet sur ordre du Maréchal Pétain. Il aura eu plus de chance que le grand leader nationaliste flamand Joris Van Severen et un vieux militant rexiste qui furent exécutés par des soldats français avinés.

Degrelle engage le Rex dans la Collaboration et la guerre

Rentré à Bruxelles, il engage résolument le Rex dans la voie de la collaboration avec l’Allemagne. L’invasion de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, constitue un tournant. Les rexistes peuvent concrétiser leur volonté de collaboration militaire contre le Bolchevisme. C’est ainsi qu’est créée la Légion Wallonie. Lors d’un rassemblement à Liège, le 22 juillet 1941, Degrelle annonce qu’il s’engage comme simple soldat. 730 militants rexistes l’accompagnent. Faisant preuve d’un grand courage sur le front, Léon Degrelle est décoré de la Croix de fer et nommé Feldwebel (adjudant) en mars 1942. La Légion a perdu 63% de ses effectifs… Degrelle considère que le moment est venu d’intégrer la Légion Wallonie dans la grande armée européenne que représente, à ses yeux, la Waffen SS. Degrelle, qui n’a pas froid aux yeux, négocie avec Himmler l’intégration mais exige le maintien de l’aumônier catholique belge et du français comme lange de commandement. Incroyable, Himmler accepte… Arrive janvier 1944 et la gigantesque bataille de Tcherkassy. C’est là que la Légion va obtenir tous ses titres de gloire. Degrelle est promu SS-Hauptsturmführer. Sur les 2000 volontaires engagés en novembre 1943, il n’en reste plus que 632. Envoyé à Berlin, il est reçu par Adolf Hitler qui le décore le 24 février 1944 de la Ritterkreuz (Croix de Chevalier de la Croix de Fer), une des plus hautes distinctions allemandes. Il fait la une de Signal. Il participe dans les semaines qui suivent à un meeting à Paris, au Palais de Chaillot, aux côtés de Jacques Doriot, Marcel Déat, Joseph Darnand et Fernand de Brinon. C’est la gloire.

Degrelle se bat héroïquement jusqu’au bout

Mais les choses ne vont pas tarder à se gâter. Son frère, Edouard, pharmacien à Bouillon est assassiné en juillet, alors qu’il ne joue quasiment aucun rôle dans le mouvement rexiste. Il retourne sur le front en Estonie où la Légion, avec des forces limitées, réussit à bloquer l’avance soviétique. Reçu à nouveau par Hitler, il se voit accrocher les Feuilles de Chêne sur sa Ritterkreuz. Hitler lui aurait déclaré : « Si j’avais eu un fils, j’aurais aimé qu’il fût comme vous ». Hitler le nommera Volksführer der Wallonen (chef de peuple des Wallons) le 23 novembre 1944. Mais les alliés sont à Bruxelles et imposent une épuration sans relâche. La situation sur le front est mauvaise. C’est fini.

Degrelle réussit à rejoindre l’Espagne

Degrelle gagne la Norvège, réquisitionne un bimoteur appartenant au ministre Albert Speer, et… s’envole vers l’Espagne où l’avion, en panne de carburant, s’écrase dans la mer. Degrelle est sérieusement blessé : quatre fractures à l’épaule, une fracture du pied et de la jambe. Des blessures somme toute miraculeuses car elles lui évitent d’être ramené derechef en France. Débutent de longues années où les autorités belges chercheront par tous les moyens à obtenir son extradition, sans compter les six tentatives d’enlèvement dont il sera l’objet.

La vie de Degrelle en Espagne

Il va entreprendre un énorme travail d’écriture. On retiendra La cohue de 1940, son premier livre paru en 1949, La campagne de Russie, dans lequel il raconte ses souvenirs du front de l’Est, La grande bagarre, son seul roman écrit sous le pseudonyme de… Jean Doutreligne, Hitler pour mille ans, paru en 1969, et tant d’autres. Naturalisé espagnol en 1954, il se trouve enfin, de facto, protégé. Il va, petit à petit, réapparaitre en public. IL sera durant les années 60 et 70, le correspondant en Espagne du Spectacle du Monde sous pseudonyme, bien sûr. Il recevra beaucoup de visite de toute l’Europe, particulièrement de France et de Belgique. Camille Galic raconte une de ces rencontres où Dominique Jamet était présent. Dominique Jamet a, il est vrai, toujours été un esprit libre. François Mitterrand l’imposera trois ans plus tard comme Président de l’Etablissement public de la Bibliothèque nationale… Un banquet sera organisé tous les ans par le Cercle Franco-hispanique présidé par notre cher Olivier Grimaldi, qui vient, hélas de nous quitter. Léon Degrelle s’éteint à l’âge de 87 ans, le 31 mars 1994 à Malaga. Jean Vermeire, ancien officier de la Légion Wallonie révèle qu’il a dispersé les cendres du Chef à Berchtesgaden.

Cahiers-d-histoire.couv_1.jpgPour commander le livre Léon Degrelle : 20 € plus 3 € de frais de port.                          

Synthèse nationale 116, rue de Charenton 75012 Paris

NDLR :

Les Cahiers d'Histoire du Nationalisme

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