mercredi, 09 mai 2007

Sarkozy chez les milliardaires

medium_0FOCAPBBJNOCAP6LPP0CAVJFZHRCAHV498NCA71IZW0CAQW04B9CAMSLZWPCASI466FCAQBJ9NXCA81MU04CADKLYX6CACF101OCARE89R0CAG0BL2XCAZZEG91CA5C4S6LCAO1W3HUCAISEGJLCAQY2QU9.jpgOn savait que Sarkozy était l’ami du Medef, de tout ce que la France compte de milliardaires dans les domaines économique et médiatique. Tous les faisans ont croisé sa route. Il les embrasse, il obtient leur soutien. Bernard Tapie l’aime et le fait savoir.

On peut juger un homme à l’aune de ses fréquentations et de son goût. Nicolas Sarkozy est l’ami d’Enrico Macias, d’Arthur et de Faudel et ne boit pas de vin. Le malheureux...

Nicolas Sarkozy a besoin de repos, ce que l’on peut comprendre, et décide de se retirer du monde pour quelques jours. On a dit qu’il rejoindrait un lieu de spiritualité afin de méditer.

En fait de monastère, c’est sur le luxueux yacht de son ami Bolloré qu’il est parti méditer. Invité, bien entendu.

Un yacht loué 193.000 € par semaine, soit 16 ans de salaire d’une caissière ou d’un ouvrier.

L’ami des dirigeants du Cac 40 et du show business défenseur du peuple ? Défense de rigoler

Robert Spieler

 

mardi, 08 mai 2007

Sarkozy du côté de la France faisandée...

medium_OG3CA4KWYK5CAD0LDMVCA08SNH9CA15J122CAA7Z6LYCA57GJO9CAVPF0E7CA72O0TBCA8PKVWRCANIBREICANIZOK1CAA13G28CAKSXDOJCAI6WI94CAP7TJ92CAPS405SCAQUX4YOCA111WFBCA6L1L7K.2.jpg

Nicolas Sarkozy, à  peine élu Président de la République , s’en va, non pas à la rencontre des petits blancs des banlieues qui galèrent, non pas au contact du peuple qui souffre, non pas aux champs pour rencontrer les derniers paysans de France qui survivent chichement…

Non, Nicolas Sarkozy se rend aux Champs Elysées, au Fouquet’s, un restaurant clinquant et rutilant,  pour y rencontrer ses amis : Johnny Halliday, qui bafouille, on en devine les raisons : « Nicolas est mon ami, hips... on se tutoie »,  Jean Reno et quelques happy few de pacotille.

Mais le summum de cette soirée, ce fut la fête, place de la Concorde : un condensé de décadence orientale … Enrico Macias, chantant « Ah, qu’elles sont jolies les filles de Sarkozyyy… », Faudel, Doc Gyneco et aussi l’inévitable Arthur.

La famille était réunie. Il ne manquait plus que Bernard Tapie, Roger Hanin ou Arno Klarsfeld, soutiens médiatiques de Sarkozy, mais sans doute étaient-ils présents dans la foule.

Cécilia était là aussi. Bavardant, distribuant des papouilles aux intimes, s’en foutant éperdument de ce que le nouveau Président disait à ses partisans.

J’ai, quelque part, le sentiment qu’on n’a pas fini de rigoler.

 

Robert Spieler

P.S. : J’attends avec impatience que le nouveau Président de la République annonce, ainsi qu’il l’a promis lors du débat avec Ségolène Royal, que la France rompe les négociations quant à l’intégration de la Turquie dans l’Union Européenne.

Mais je crains que nous n’ayons à attendre longtemps.

Comme le disait Charles Pasqua, prédécesseur de Sarkozy à la mairie de Neuilly, « les promesses n’engagent que ceux qui y croient »

vendredi, 04 mai 2007

Ne faites pas comme Villiers !

Ne vous couchez pas ! Abstention !

medium_LS2CAMXA332CAT6YVNLCA2GYCUKCA8PR85BCAUBCV7BCASMFY99CAZ046Z4CARJIAF9CAV58LGCCA5VG4V9CAGH62YJCA18LSP8CAV3KLMECAX2AO63CAK2QWURCAXJ30P7CA0ECO7FCAF6CFNECAOKKX6K.jpgPhilippe de Villiers n'a cessé, pendant la campagne électorale, d'attaquer de façon particulièrement virulente Sarkozy et Le Pen, se présentant comme un candidat rebelle (il osa déclarer, sur le ton de la confidence, à un député européen du FN : « J’ai définitivement rompu avec le système ! »).

J’ai toujours considéré que sa posture était une imposture. Ses quelques députés, dont lui-même, ne sont élus que par la grâce de l’UMP qui a d’ailleurs « réservé » quelques circonscriptions en Vendée, bien avant le premier tour de la présidentielle, en ne désignant pas de candidats contre ceux du MPF.

Sarkozy est tout, sauf un imbécile, et il avait compris, comme beaucoup d’autres dans notre camp, la vraie nature de Villiers. Le Conseil Général de Vendée lui échapperait immanquablement si l’UMP cessait de le soutenir.

Philippe de Villiers annonça, tout feu tout flamme, au soir du premier tour, qu’il était « sarko-incompatible ». Un héroïsme qui dura… deux jours, aux termes desquels il se coucha et lança sagement un appel à voter… Sarkozy. Il y avait eu entre-temps, vous l'avez compris, quelques coups de fils un tout petit peu menaçants de Sarkozy et de ses amis à Villiers et ses élus qui s’empressèrent de retourner leur veste.

CQFD

Une seule attitude digne et utile, car seule prise en compte et commentée par les media : L’ABSTENTION !

Robert Spieler

Offrez-vous le tee-shirt Alsace d'Abord !

medium_Offrez-vous_le_tee-shirt_Alsace_d_Abord_.JPG

mercredi, 25 avril 2007

Election présidentielle : les raisons de l’échec programmé de Le Pen...

medium_thumb_aarobertspieler.jpg

Député du Front National de 1986 à 1988, j’avais décidé de quitter ce parti en 1989 pour créer le mouvement régionaliste Alsace d’Abord. Je l’ai quitté car j’étais en désaccord avec une dérive (déjà) jacobine et aussi parce que je n’acceptais pas le mode de fonctionnement de ce mouvement.

J’ai bien connu Jean-Marie Le Pen. Formidable orateur, courageux et doué souvent d’intuitions fulgurantes, doté d’un charisme exceptionnel, il sut rassembler, avec à ses côtés Jean-Pierre Stirbois, en 1984, toutes les forces nationales et identitaires. Ses défauts sont à la hauteur de ses qualités : Jugeant les hommes à l’aune de leur servilité à son égard, écartant ceux qui ont l’audace d’exprimer des désaccords, pratiquant le népotisme et le clanisme, incapable de prendre de la hauteur quand les circonstances l’exigeaient, il refusa de construire un parti structuré et rassembleur, doté d’un vrai centre de formation de cadres, organisé sur le terrain, condition sine qua non d’une implantation durable.

Je lui conserve, malgré tout, mon respect. Mais j’exprime aussi mes regrets quant au rôle historique qu’il aurait pu jouer et qu’il n’a pas su jouer. J’ai, depuis 1989, observé un devoir de réserve. Par respect pour des amis qui sont restés au FN, et aussi parce que je ne fais pas partie de ceux qui « crachent dans la soupe » et qui croient se faire pardonner par l’adversaire en insultant ceux qu’ils ont soutenu hier.

 Les cinq raisons de l’échec de Le Pen :

Je vous propose mon analyse de la chute programmée du Front National et de Le Pen.

Marine Le Pen, Louis Aliot (Secrétaire général) et un petit clan, dont Alain Soral qui se définit comme marxiste, avait pris le contrôle de la campagne présidentielle de Le Pen. Ils portent une responsabilité majeure dans cet effondrement. Certes, Sarkozy a mené une excellente campagne, certes il a su faire un hold-up sur certains thèmes du Front National que Le Pen abandonnait au même moment... Certes…

 1- L’absurde positionnement « républicain »…

Je n’évoque évidemment pas la République comme mode d’organisation institutionnelle, que peu de citoyens contestent, mais la République issue de la Révolution et qui fut responsable notamment du génocide vendéen. Lancer sa campagne présidentielle à Valmy, c’était pour le moins rendre hommage à une Révolution massacreuse qui fut à l’origine des Etats-Nations et de toutes les guerres civiles européennes qsui ensanglantèrent les XIXème et XXème siècle, entraînant des dizaines de millions de morts et l’affaiblissement peut-être définitif de l’Europe.

Rendre hommage à Clemenceau, que j’ai qualifié dans un récent article sur mon blog, de « géniteur d’Hitler », était une faute. Clemenceau, en refusant en 1916, les offres de paix de l’Autriche-Hongrie, mena au massacre plusieurs centaines de milliers d’Européens avec les conséquences désastreuses que l’on connaît. Le Pen, prenant à son compte ces symboles, tant de la gauche que de la droite dite « républicaine », il ne fallait pas s’étonner que les électeurs appliquent l’adage qu’il affectionne et préfèrent l’original à la copie.

Quitte à voter « républicain », un quart des électeurs du FN ont voté Sarkozy.

 2 - Chercher les voix chez les immigrés : une stratégie suicidaire…

L’erreur majeure de le Pen fut de tenter d’aller chercher ses voix dans les banlieues. Pas auprès des « petits blancs » qui lui ont toujours apporté massivement leurs suffrages. Non ! Il préféra s’adresser aux « jeunes » et aux personnes « issues de l’immigration » auxquelles il lança un appel sur la dalle d’Argenteuil, les qualifiant de « branche de l’arbre France ».

Quant à l’affiche avec la beurette, voilà encore un bel exemple d’erreur de communication. Croire que les jeunes issus de l’immigration se précipiteraient dans les bras de Le Pen procédait  d’une suicidaire illusion. Les électeurs du FN et les identitaires veulent une Alsace alsacienne, une France française et une Europe européenne. Ils ne veulent pas d’une Alsace turque, d’une France algérienne ni d’une Europe africaine. C’est même le fondement de leur combat et de leur engagement, le plus grand dénominateur commun de toutes les sensibilités identitaires, fussent-elles nationalistes, régionalistes, européennes, chrétiennes, royalistes, etc…

Il était suicidaire de prendre ainsi son électorat à contre-pied, et de nombreux électeurs ont préféré voter Sarkozy, interdit de séjour à Argenteuil pour cause de propos « kärchérisateurs » que Le Pen qui recueillait sans sourciller les youyous des femmes maghrébines.

A ceux qui, au bureau politique du FN réuni au lendemain du premier tour, formulaient quelques critiques quant à la stratégie menée, Farid Smahi, proche de Marine Le Pen,  rétorqua « Vous êtes des fascistes, vous êtes des racistes »… Cherchez l’erreur…

 3 - Marine, l’adversaire du régionalisme…

La troisième erreur majeure de Le Pen fut de tolérer que sa fille Marine tienne des propos insultants à l’encontre de ceux qui défendent des identités régionales. « Le bilinguisme, un danger pour l’unité de la République ! » et son secrétaire général, Louis Alliot, qui n’hésita pas à comparer le « communautarisme musulman » au « communautarisme » alsacien. Les alsaciens ont apprécié : le FN s’effondre de 10 points.

On n’insulte pas impunément une identité enracinée, d’autant que, comme je l’ai démontré dans un article paru dans la revue Synthèse Nationale « Europe, Etats, Nations, quel avenir ? » (N°3, printemps 2007) à consulter sur mon blog, il n’y a pas contradiction entre l’attachement à sa Petite Patrie, à la nation France et à l’espérance d’une Europe de la puissance.

 4 - L’insincérité de l’Union Patriotique…

La quatrième raison de cet échec réside dans le bluff que fut l’appel à l’Union Patriotique. L’idée était au demeurant excellente : rassembler toutes les forces nationales et identitaires en pratiquant le pardon des offenses, même si les offenses étaient partagées. Ce qui n’était, dans l’esprit de ses auteurs, qu’un piège destiné à Philippe de Villiers, recueillit un vrai écho.

Bruno Mégret, entre autres, y répondit favorablement. Etait-il sincère, était-il cynique et voyait-il là un moyen de revenir dans le « jeu politique », peu importe. Des associations, des responsables et des militants s’enthousiasmèrent pour une démarche qui aurait pu donner une vraie dynamique à Le Pen. Celle-ci fut torpillée par Marine Le Pen et Louis Alliot. Mégret fut une nouvelle fois humilié et interdit d’assister à la convention présidentielle de Lille.

Diviser pour mieux régner et mieux perdre…

 5 - Le FN paye des années d’incurie.

La cinquième raison de cet échec réside dans l’état lamentable du FN. Une partie des meilleurs cadres et des meilleurs militants a quitté le mouvement au fil des années, écoeurée par le népotisme, le fonctionnement non démocratique du mouvement, poussée vers la sortie à force de vexations. Le FN ressemble aujourd’hui davantage à une boutique familiale qu’à un parti organisé : une boutique où règne Marine Le Pen et un petit clan qui ne tolère pas la moindre contestation. J’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer. Il est impossible pour une femme ou un homme de qualité et de caractère, refusant la soumission, d’accepter sur la durée ce type de fonctionnement qui ressemble plus à celui d’une cour orientale qu’à celui d’un parti moderne, démocratique et conquérant.

 Ils ont tout cassé. Et bien, il nous faudra tout reconstruire. Partisans de l’idée nationale, régionalistes, militants de l’Europe de la puissance, nous devons faire front ensemble pour la victoire de nos idées et que vive notre civilisation.

Espérance et Résistance.

Robert Spieler

Président d’Alsace d’abord

samedi, 14 avril 2007

UN ARTICLE DE ROBERT SPIELER DANS LA REVUE "SYNTHESE NATIONALE"...

medium_Synthese_nationale_-_logo.JPGDans la dernière livraison de SYNTHESE NATIONALE, la revue politique et culturelle nationale et identitaire, est publié un article de Robert Spieler consacré aux notions d'Etats, de Nations et d'Europe.

Vous pourrez prendre connaissance de cet article en cliquant sur le lien suivant :

SN_Supplement_au_n_3_Robert_Spieler_Etats_Nations_Europe.... 

Pour en savoir plus, nous ne pouvons que vous conseiller de lire ce numéro que vous pouvez vous procurer au Pacha (10, avenue de la Marseillaise à Strasbourg  - En face la Poste centrale) ou en le commandant directement sur le site de Synthèse nationale :

www.synthesenationale.com

jeudi, 12 avril 2007

Démocratie

A propos de l’élection présidentielle : un poème signifiant de D.H. Lawrence (l’auteur de l’amant de Lady Chatterley).  

Démocratie

Je suis démocrate dans la mesure où j’aime dans l’homme la liberté solaire.

Je suis aristocrate dans la mesure où je hais l’étroit esprit de possession.
J’adore le soleil en tous les hommes

Lorsque je le vois briller sur un front

Clair et sans peur, si petit soit-il.

Mais lorsque je vois ces ternes hommes qui arrivent à la puissance,

Si laids, pareils à des cadavres, absolument privés de soleil

Et qui se dandinent machinalement

Comme de gros esclaves victorieux,

Alors je suis plus que radical

J’ai envie d’amener la guillotine.

Et lorsque je vois des êtres

Pâles, vils, semblables à des insectes

Machinalement affairés

Qui vivent comme des poux sur une maigre pitance

Et ne regardent jamais plus haut,

Alors je voudrais, comme Tibère, que la foule n’eût qu’une tête

Pour que je pusse la trancher.

Lorsque les êtres sont totalement dépourvus de soleil

Ils ne devraient pas exister.

mercredi, 11 avril 2007

Synthese Nationale n°3 est arrivé...

medium_Synthese_logo.3.JPG

medium_final_photosynthese_3.jpg

Présidentielle, législatives :

L'IMMIGRATION ET LA MONDIALISATION

AU CENTRE DU DEBAT...

Plus que jamais :

DEFENDONS NOTRE IDENTITE !

Synthèse nationale n°3, printemps 2007, 120 pages, 12 Euros.

Au sommaire : 

- Défendons notre identité ! l'éditorial de Roland Hélie,

-  L'identité nationale au coeur du débat, par Maurice Bernard,

- Europe, Etats, nations... Quel avenir ? par Robert Spieler, président d'Alsace d'abord,

- L'Europe et l'oeuvre destructrice de la gauche caviar, par Franck Creyelmans, Sénateur de Malines (Flandre),

- La repentance, une religion républicaine, par Chantal Spieler,

- Vladimir Poutine ou le grand retour de la Russie, par Karl Hauffen,

- Ernesto Che Guevara, la fin du mythe, par Didier Lecerf, historien,

- La LICRA décortiquée, par Anne Kling,

- Une rencontre avec le groupe Hôtel Stella, par Christophe Langeot,

- Il y a un an, Jean Mabire nous quittait, par Philippe Randa

Une tribune libre de l'écrivain Anne Yelen et les chroniques de Philippe Randa et d'Alban d'Arguin...

Cliquez ici pour vous abonner.

Retrouvez Synthèse Nationale à Strasbourg au Pacha, hall de presse, 10, Avenue de la Marseillaise (en face l'entrée de la Poste principale).


 

lundi, 09 avril 2007

L'Alsace dit non à la Turquie

samedi, 31 mars 2007

Jeune Alsace répond à Louis Aliot (FN)

medium_JA.jpgAlors que la campagne a placé au centre des débats la notion d’identité nationale, la définition qu’en donne le Front national, en la personne de son secrétaire général, a fait réagir de nombreux identitaires. Parmi eux, Robert Spieler, président d’Alsace d’Abord, soutenu dans cette démarche par le mouvement Jeune Alsace, a adressé une lettre à Jean-Marie Le Pen pour marquer sa réprobation face aux propos de Louis Aliot qualifiant les Alsaciens ou les Bretons de « des relents géographiques et culturels ». Cette polémique qui oppose Robert Spieler et Jeune Alsace d’un côté à Louis Aliot de l’autre peut sembler bien vaine à qui est confronté à la précarité sociale, à l’insécurité ou souffre dans sa chair de voir l’Europe rongée chaque jour un peu plus par la mondialisation et l’immigration. Pourtant, cette polémique est importante car elle renvoie à des notions fondamentales et trahit en creux une conception très perverse de l’identité.

Pour Louis Aliot, la notion d’identité se résume à quelques mots vagues et abstraits. La France, la République, l’Etat, la francophonie, la laïcité. En voyant dans les revendications régionalistes de ses concitoyens une menace contre « République », il réduit de fait l’identité nationale à l’héritage révolutionnaire de 1789. En reprenant à son compte le dogme jacobin, pur produit de la tradition messianique de la République universaliste des “droits de l’homme”, il ne distingue pas toute la charge destructrice que ce concept renferme. Pour M. Aliot, il n’y a point de patries charnelles. Seul prime le principe de l’unicité de la République. Certes, dans sa réponse à Robert Spieler, il précise sa position et invoque les racines helléno-chrétiennes de la France sans en dire plus. Mais, l’identité helléno-chrétienne n’est pas le propre de la France, elle est commune à toute l’Europe. Or, le FN ne veut pas entendre parler d’Europe. Surtout, nous lui rappellerons la définition plus complète que le général De Gaulle donna de l’identité française : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture greque et latine, et de religion chrétienne. »

Pour nous autres, identitaires, la notion d’identité renvoie au contraire aux principes de la filiation et de la transmission, à un socle de traditions populaires et orales, à des coutumes et des mœurs, à une gastronomie et une certaine façon de fêter la vie, d’honorer les morts, de regarder le monde et aussi surtout de le conter… ce qui renvoie donc forcément à une langue ! Une langue qui chante le monde à son image, avec sa poésie propre et une tonalité particulière. Nous sommes ici loin de la conception universelle, froide et désincarnée de l’identité défendue par Louis Aliot. Nous pensons que c’est le principe identitaire qu’il faut universaliser et non le principe “individualiste” jacobin qui constitue l’un des principaux carburants de la mégamachine à tuer les peuples. Dans le fond, sa vision de la France est profondément progressiste et constructiviste, très proche de celle que s’en font les bureaucrates bruxellois ou les énarques qui grouillent dans nos ministères. Elle reprend à son compte, sans le dire, la définition bourgeoise, individualiste et rousseauiste d’un pacte passé entre un Etat et un individu. Aliot refuse donc l’idée d’une fédération des peuples de France comme il refuse l’idée d’une fédération des peuples européens. Sa France ne doit être qu’un Etat-nation. Elle se définit donc par son territoire, son administration et une langue obligatoire. Pas une de ces langues vivantes, affranchies, informelles, bouillonnantes et spontanées qui expriment une identité vivante et qu’à Paris on qualifie, en se pinçant le nez, de : « dialectes ». Non ! La sienne est obligatoire et réglée comme un code civil, mise en boite et codifiée par des académiciens ampoulés. Une langue on ne peut plus administrative donc. Certes, certains évoqueront le génie dont témoignent les mille trésors de la littérature française. Mais cette littérature-là, aussi riche soit-elle, reste d’abord d’essence universelle. Expression classique qui tend vers un art abouti, elle n’est aucunement le véhicule de traditions vivantes ou organiques. Elle tend à figer dans le marbre ce que l’homme a de profondément universel. Une langue qui statufie.

Se faisant une idée conceptuelle de la France, Louis Aliot n’imagine pas qu’un Français puisse alors parler deux langues. Celle qui donne accès à la grande Culture, et une autre, humble, par laquelle survivrait une culture enracinée et orale, celle-là même que l’on ne trouve pas dans les encyclopédies, ni les traités universitaires. Une culture qui se transmet difficilement encore aujourd’hui, de génération en génération, grâce à l’amour et au dévouement des nombreux parents alsaciens. En interdisant les dialectes, la France s’est coupée de ses racines les plus profondes, d’où remontait une véritable sève de vie. Ce que ne veut pas reconnaitre Louis Aliot, c’est que la conception qu’il se fait de l’identité française, dans les faits, n’existe pas. Il dit que la république a continué le travail des rois. Mais la France de l’Ancien Régime regardait ses provinces comme autant de patries charnelles. Après avoir décapité le Roi et proclamé crânement la France une et indivisible, les révolutionnaires, ivres d’utopies, usant de la terreur, ont rompu la quiétude d’un équilibre fait de tolérance et de libertés locales. Depuis, le France ne vit plus en paix. Elle s’échine à se forger une identité toute créée. Ainsi est née l’idée de l’Etat-nation qui mettra l’Europe à feu et à sang. Depuis, la seule manière de se vivre au monde en tant que Français est de puiser dans sa part d’universel. Voilà deux siècles que la France se vide de sa sève, arase, rabote, défriche, retourne, aplatit, taille, mesure, coupe, recoupe et surcoupe encore. Et ceci, seulement afin d’exister dans l’illusion d’une identité nationale une et indivisible, produit de l’idéologie des droits de l’homme. Si les mots ont encore un sens, cette France-là, celle de Louis Aliot, appelons-la Paris ! A coup de lois, de décrets et de mensonges, mobilisant policiers, gendarmes, déracinant préfets, instituteurs et fonctionnaires, maniant le bâton, les horions et la menace, Paris a cherché dans l’uniformisation à imposer sa propre idée de la France. Funeste erreur et vains efforts ! L’identité n’émerge que du mouvement de la liberté et de la spontanéité. Les peuples naissent uniquement par un acte d’amour volontaire et libre, jamais d’un viol. Aujourd’hui la France est sans doute le pays le plus individualiste du monde. Tous les corps intermédiaires qui garantissaient une vraie subsidiarité démocratique de proximité ont disparu. Comment ne pas voir dans ce divorce entre la France d’en haut et la France d’en bas le résultat concret de deux siècles de jacobinisme intransigeant !

Quiconque voyage en Europe se rend immédiatement compte que la France réunit en elle tous les maux les plus noirs de notre époque. Si la France aujourd’hui est au cœur du déclin européen, si elle est le pays le plus frappé par la crise de civilisation que traverse l’Occident, si elle semble cumuler en elle toutes les tares du monde moderne, si elle a toujours abrité les scories idéologiques les plus mortifères, bref, si la France semble si mal en point, aux avant-postes du désastre européen, nous autres identitaires pensons qu’elle ne le doit qu’à ce refus précis de se reconnaître tout simplement comme une fédération de peuples et de patries charnelles. Et c’est bien sur ce refus-là que prospère le discours immigrationniste et cosmopolite. Puisqu’on refuse aux Français toute identité réelle et ethnique, tout le monde peut se dire Français. L’argument est imparable. En se situant sur le terrain glissant d’une identité nationale abstraite, addition de principes creux et conceptuels, Louis Aliot (même si c’est à son insu) fait ainsi le lit du discours immigrationniste et mondialiste. En plaçant les revendications identitaires bretonnes et musulmanes sur le même plan, non seulement il ne fait qu’ajouter de la confusion à la confusion, mais ce faisant, il trahit surtout son électorat.

Reconnaître les identités bretonne, alsacienne, corse, niçoise et avec elles, celles de toutes les régions de France. Leur donner tout l’espace nécessaire à leur épanouissement et leur rayonnement. Accorder aux régions une large autonomie. Voilà la seule voie qui vaille pour le redressement de notre pays. Toutes les autres alternatives nous condamnent à jouer le jeu de nos ennemis. Nous autres, identitaires, nous refusons de jouer ce jeu dont nous sortirons forcément perdant. La France ne pourra se retrouver qu’en puisant dans ses racines les plus profondes de son histoire. La France n’a pas d’autre identité que celles de ses régions. En une phrase, pour résumer mon propos, il n’existe pas d’autre façon pour un Alsacien d’être Français que de vivre pleinement son identité alsacienne.

JEUNE ALSACE 

Toutes les notes